HISTOIRE
1657-
Entreprisedes Espag-nols fur Ca-lais man-qu,ée.
Montglat ,tom. 4. pag.
14?.
Quitícy ,tom. 1. pag,221 .
Riencourt ,tom. 2 .pag.102.
Turenne ,tom. 4. pag.
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St. Venantse rend auxFrançois.
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pas tout l’effet qu’on attendoit, qu’ils avoient de bons retranchemens,où ils vendroient chèrement leurs vies, & qu en prolongeant leur dé-fense , ils pourroient être secourus ; enfin ils demandèrent qu’on lesrenvoïát ou qu’on les traitât en gens d’honneur, & marchèrent pour seretirer. C’étoit le quarante-sixième jour de tranchée ouverte. Le Car-dinal Mazarin, qui vouloit assurer la prise de cette Place, renvoya cesOfficiers au Maréchal de la Perte , qui par son ordre leur accorda leurdemande. Ils sortirent tambour battant & enseignes déployées, & fu-rent conduits à Arlon. Avec un peu d’attention on auroit fait faire auRoi le personnage qui lui convenoit. C’étoit à lui d’accorder les condi-tions avantageuses c[ue cette garnison demandoit, & s’il falloit les refuser,ou les disputer , c’etoit au Maréchal de la Ferté à le faire.
Peu s’enfallut pendant ce siège, que les ennemis ne fissent une con-quête fans comparaison plus importante, que celle qu’ils ne pouvoientempêcher. Le vingt-deux de juin , leur Armée passa la Sambre & s’a-vança proche de Philippeville , feignant de vouloir secourir Montmedi.Le dessein étoit d’amuser Air. de Turenne & de lui donner le change ;on réussit. Ce Général se hâta de gagner les devans, & de se mettreentr’eux & la Place assiégée. Alors ils retournèrent promptement furleurs pas pour tomber fur Calais, qu’ils éspéroient emporter en peud’heures , en l’attaquant par un endroit, dont ils connoissoient le foi-ble. 11s méditoient ce dessein depuis longtems. L’Archiduc Léopoldavant son départ avoit envoyé dans cette Place des Officiers déguiséspour en reconnoître les défauts. Ils n’avoient pû trouver encore l’oc-casion de l’attaquer, ils crurent savoir rencontrée, & leur entreprise fûtconduite avec tant de secret, qu’on ne la fut en France, que lorsqu’el-le fût manquée.
D o ìvi Juan, le Prince de Condé & le Marquis de Caracène marchè-rent avec la cavalerie par le plus court chemin. Le Duc d’Yorck & Alar-iìn conduifoient sinfanterie avec toute la diligence possible, tandis que lePrince de Ligne marchoit pour se saisir à marée basse, de la partie de laPlace qui joignoit le Quai. Une fois saisi de ce poste, en moins de dou-ze heures le reste de la Ville eut été pris. II arriva une demie heure troptard. La Mer se trouva si haute , qu’il fût impossible de passer. II se reti-ra sans avoir fait autre chose que de montrer fendrait le plus foible de cettePlace , qu’on fortifia , de manière à faire perdre pour toûjours l’espérancede la pouvoir surprendre. 11 se saisit pourtant de la basse Ville, & paílàjusqu’à la barrière, qui fermoit la contrescarpe. II y trouva une si granderésistance & un feu si violent, qu’il fût contraint d’abandonner ses cha-riots pour se retirer plus vite. Le Duc de Charost étoit Gouverneur deCalais, & ce fut à ses soins, aussi-bien qu’à la bravoure & à la fidélité desbourgeois, qu’on fût redevable de fa conservation.
ÌLorsclue Montmedi se rendit, toute l’Armée d’Espagne étoit entrela Sambre & la Meuse. Le Prince de Condé & les autres Généraux ju-gèrent , que l’Armée Françoise pourrait entreprendre le siège de Rocroi.
Ils