DE LOUIS XIV. LI V. XX.
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Ils s’en approchèrent. Le Vicomte de lu renne résolut de marcher enFlandre. II laiíla dans ces cantons les troupes du Maréchal de la Fer té,& fit une fi grande diligence, qu’il arriva devant St. Venant, Finvestit,assura ses lignes & ses quartiers avant que l’ennemi fût à portée de l’inquié-ter. Cette Place se trouva fort dégarnie , à peine y avoit - il quatrecens hommes de garnison. Comme elle étoit fort importante à «usedu passage qu’elle donnoit sur la Lys , pour pénétrer dans la Flandre& approcher des Places maritimes, Dom Juan d’Autriche & le Princede Condé avoient promptement suivi F Armée Françoise. Leur avant-garde arriva à quatre lieues de St. Venant le lendemain qu’il avoit étéinvesti.
L a marche précipitée du Maréchal de Turenne ne lui avoit pas per-mis de faire les amas de vivres & de munitions nécessaires pour sonentreprise, il n’avoit pas même ses bagages. Béthune & la Baisée avoientleurs magazins bien remplis ; malgré la présence de Fennemi on en tirales convois nécessaires; ce ne fût pas fans danger, & fi les Espagnolss’étoient conduits comme ils le pouvoient, ils auroient fait échouer l’en-treprise. Le vingt-deuxième d’août , on envoya à Béthune tous lescaissons de l’Armée pour en amener des farines; quantité de chariotsde poudre & d’autres munitions de guerre dévoient s’y joindre. Cespréparatifs ne purent être ignorés des ennemis. C’étoit pour eux uncoup décifif de prendre ce convoi. Ils résolurent de marcher à Mont-bernenson, par où il étoit absolument nécessaire qu’il pastat. Ils étoientprêts à décamper dès la pointe du jour, néanmoins ils ne marchèrentque fur le midi, & lorsqu’ils furent prêts d’entrer dans la plaine, DomJuan & le Marquis de Caracène s’arrêtèrent pour faire la Sieste, c’ést-à-aire pour dormir, suivant la coûtume d’Espagne.
Le Duc d’Yorck étoit ce jour-là à la tête de l’infanterie. II servoitl’Espagne avec autant de fidélité, quoique moins volontiers qu’il avoitservi la France. II n’avoit plus qu’un enclos à passer pour arriver dansla plaine, lorsqu’il apperçut le convoi, qui se hâtoit d’entrer dans leslignes. II passa la dernière haye, mit son infanterie en bataille, & fitavertir le Prince de Ligne de l’approche du convoi, qui n’avoit que trois es-cadrons d’escorte. Ce Prince répondit, qu’il n’ôsoit attaquer sans ordre deDom Juan, ou du Marquis de Caracène, ajoutant, que la sévérité desEspagnols étoit telle, qu’en attaquant fans ordre, il pourroit lui en coû-ter la tête, particulièrement s’il ne réusiìssoit pas. On envola demandercet ordre. Le convoi marchoit cependant. Les derniers chariots étoientdéjà en sûreté, lorsque les Gardes de Dom Juan & du Marquis de Cara-cène vinrent joindre le Prince de Ligne. II n’étoit plus tems. Tout cequ’ils purent faire fût de tomber fur l’escorte, ils la renversèrent & lapouílèrent jusques dans le camp, où ils auroient pû mettre une grandeconfusion , s’ils avoient sû profiter de leur avantage.
Celui qui conduisoit les bagages n’avoit pas -été si heureux. C’étoitSiron, que le Cardinal Mazarin protégeoit particulièrement. II avoit
B b b a quin-
16 f 7*
Qumcy ,tom. t. pag.222 .
Montrât ,tom. 4. pag.
i;r.
Rkncourt ,tom. 2. pag.102.
Turenne,tom. pag.Î12.
Fautes desEspagnols.Turennetom. 4. pag.4 } 7 -