DE LOUIS XIV. LIV. XX.
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résistance. Ils descendirent la même nuit dans le fossé par trois endroits,& attachèrent le Mineur où ils voulurent Cette nuit-là même ils en-tendirent le canon d’Aire, & ayant appris que toute l’Armée Françoisemarchoit à eux, ils prirent l’avant-garde pour PArmée même, & se re-tirèrent, sans se donner le loisir de sauver leurs Mineurs & quelquespostes d’infanterie.
On ne peut s’empêcher de rapporter ici ce que le Duc d’Yorckdit dans ses mémoires, de la conduite des Généraux Espagnols. „ Dom „Juan, dit ce Prince, observoit en Campagne les mêmes formalités „que s’il avoit été à Bruxelles. II étoit par-tout d’un accès également „difficile. II dormoit, auffi-bien que le Marquis de Caracène, quand „le convoi passoit ; leurs domestiques n’ósèrent jamais les éveiller. Mais „ce qui doit surprendre d’avantage , c’ést que Dom Juan & le Mar- „quis, qui avoient tous deux beaucoup d’esprit, de bon sens & de „bravoure , pussent s’attacher à des formalités, qu’ils savoient être pré- „judiciables au service de leur Maître & à leur réputation. Le Mar- „quis étoit un fort bon Officier ; il avoit servi longtems ; avoit passé „par tous les degrés, & devoit fa fortune à son mérite ; & si Dom „Juan n’avoit pas eu le malheur, pour ainsi dire, d’être élevé comme „Fils d’Espagne, il étoit doué de qualités capables d’en faire un grand „homme. Mais les scrupuleuses formalités gâtoient tout. Quand PAr- „niée marchoit, ils n’alloient jamais à la tête, que lorsque Pennemi „étoit en présence. Quand les troupes étoient à moitié sorties du „camp, ils montoient à cheval, marchoient à la tête de leurs trois „Compagnies de Gardes, droit aux quartiers qui leur avoient été mar- „qués, fans se mettre en peine de PArmée , ni de reconnoître la situa- „tion du terrein , ni de savoir les quartiers des Généraux. Ainsi dans „une allarme , ou à Paproche des ennemis, ils ne connoissoient ni le „campement, ni même où étoit la grande garde ni les gardes avan- „cées. A l’attaque d’Ardres, continue ce Prince, ils se contentèrent „de reconnoître cette Place du haut d’une tour avec des lunettes d’ap- „proche , n’étant point la coutume des Généraux Espagnols de s’expo- „fer en de semblables occasions, & ils blâmèrent fort le Prince de Con- „dé & le Duc d’Yorck d’avoir été reconnoître de fort près Pendroit „qu’ils dévoient attaquer ". II n’est pas étonnant, que de pareils Géné-raux ne pussent tenir contre le Vicomte de Turenne, toujours actif,toujours attentif, qui savoit s’exposer & se mettre à tout, si je puisparler de la forte ; qui connoissoit exactement la disposition de ses trou-pes , le terrein où il campoit & celui des environs.
C e Général, après avoir chassé Pennemi de devant Ardres , passala Lys, prit & fit raser la Motte aux Bois, Château qui auroit fort in-commodé St. Venant. Ayant appris que les Espagnols étoient fur laColme, fans savoir positivement, s’ils Pavoient passée, il laissa son ba-gage , & en un jour il marcha depuis Merville jusqu'à la Berge. 11 lestrouva au-delà de la rivière, où ils achevoient de se retrancher. II les
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1657.
Mnntoiat ,tom. 4. pag,M î*
Conduite de?Généraux Es-pagnols.Turenne,tom. 4. pag.44i.
Ibid. J. pag.44Î*
Sagesse &habileté duVicomte deTurenne.