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Tome second.
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HISTOIRE

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Tom. 2.fag. 96.

11s assiègentArdres..Turenne.tom. j. $ag.317,

Ils lèvent leSiège

Quin y, tom1 -Pag- 2-;.

BuJJì, tom.2 . pag. 99 -

quinze cent hommes d’infanterie & huit Régimens de cavalerie pourles conduire. Monsieur de Turenne avoit encore envoyé cinq cent che-vaux au-devant de lui lorsqu’il l’avoit sû à Lillers. 11 eût l’imprudenced’y camper, quoiqu’il y fût arrivé une heure avant le coucher du so-leil , & qu’il n’eût plus qu’une lieuë & demie à faire pour arriver à St.Venant. Le lendemain matin, c’étoit le vingt-unième d’août, il joignitl'Armée avec une partie de ses troupes, assûrant que les bagages étoienthors de danger, & qu’ils alloient entrer dans les lignes. Le Comtede Boutteville étoit pourtant tombé dessus, & avoit défait un Régimentd’infanterie & trois de cavalerie qui les couvroient ; la plus grande par-tie avoit été pillée, & ils avoient mis le feu au reste avant qu’on pûtles secourir.

Selon le Comte de Bussi, le Cardinal avoit ordonné, qu’on mîtSiron au Conseil de guerre. „ Le Maréchal, dit-il, nous assembla pour„ cet effet, mais nous ayant dit d’abord, que Siron n’étoit pas refpon-„ fable de ce qui étoit arrivé pendant son absence, nous jugeâmes qu’il„ vouloit faire fa Cour au Cardinal ; ainsi personne ne voulut le dédire„ & se brouiller avec le Ministre ; & cela fût plaisant que Siron fût„ justifié par la raison qui auroit dû le perdre

La tranchée n’étoit pas encore ouverte. L’ennemi croïant que faprésence étoit cause de ce retardement, s’approcha jusqu’à la portée ducanon. Ce n’étoit point lui qu’on redoutoit. On s’étoit voulu donnerle tems de mettre les lignes tout-à-fait hors d’infulte ; dès qu’elles y fu-rent , on ouvrit la tranchée, avec autant de tranquillité, que s’il avoitété à cent lieues.

Dom Juan & le Prince de Condé, après avoir manqué le convoi,& considéré que l’Armée Françoise étoit trop forte, pour qu’ils pussentespérer de la pouvoir forcer dans ses lignes résolurent d’aller assiéger Ar-dres ; mais ils en remirent l’exécution, de peur que Monsieur de Turen-ne, qui n’avoit pas encore ouvert la tranchée , ne quittât son entreprisepour venir les engager à combattre malgré eux. Ce délai leur fût trèspréjudiciable. Le Général François pressa extraordinairement St. Venant.£11 une nuit il fit emporter la contrescarpe , malgré un fossé large &profond qu’il falloit passer pour l’attaquer. Les assiégés, qui en faisoientleur principale défense, s’opiniátrèrent à la défendre , & ce fût une desplus rudes actions qui se soient vûes dans les sièges. Cette ardeur destroupes, que le Général avoit sû leur inspirer en faisant mettre en piècesfa vaisselle d’argent pour la leur distribuer, étonna si fort les assiégés,qu’ils demandèrent à capituler.

I l fit aussi-tôt partir quatre ou cinq mille chevaux pour Ardres,

1 & leur ordonna de passer le plus proche d’Aire qu’ils pourroient, afinque le canon, qu’on tireroit fur eux, fit entendre à Ardres que St. Ve-nant étoit pris. Sa diligence & fa précaution n’auroit pourtant pas sauvéArdres, si les Espagnols avoient emporté les dehors la prémière nuitqu’ils y arrivèrent. Ils le firent la seconde & n’y trouvèrent aucune

ré-