HISTOIRE
I6s8.
Montglat ,tom. 4, pag.168 -
MotteviUe,tom. 4. pag.509.
BuJJì , tom.2. pag. 110,Tmenne ,tvm. 3. pag.
îio.
Ils négocientavec le Prin-ce de Condé.Montg ’at ,tom. 4. pag.170.
Turenne ,tom. 4. pag.33 °.
4°4
Place étoit alors à Paris. II alla rendre ses respects à son nouveau Gouver-neur , & le pria de se servir de lui & de le continuer dans son emploi. II fûtreçu fort froidement. II lui fût aisé de comprendre, qu’on avoit envie deplacer quelqu’une de ses créatures , & que bientôt 011 iroit prendre pos-session de son Gouvernement. Dans ces tems-là les Gouverneurs de Pla-ces disposoient des emplois subalternes; la garnison étoit fixe, ils enétoient les maîtres, quand ils avoient le talent de s’en faire aimer.
L a Fargues étoit homme d’esprit & de courage. 11 avoit obtenu sonemploi par ses services, & c’étoit pour lui Punique moyen de faire subsi-ster sa famille ; il résolut de s’y conserver par force. Le Maréchald’Hocquincourt s’étoit retiré en íà maison de campagne depuis qu’il avoitcédé ses Gouvernemens. Ce Major, qui connoissoit son caractère,& qui lavoit, qu’il étoit fort mécontent de la Cour, passa chez lui en re-tournant à Hédin, lui ouvrit ses sentimens , & lui expliqua la penséeoù íl étoit de se rendre maître de cette Place, pour traiter ensuite deses intérêts à loisir. Le Maréchal le fortifia dans son dessein , & lui pro-mit de se joindre avec lui. Fortifié par ces conseils & par ces promesses,la Fargues découvrit son projet à la Rivière , Lieutenant de Roi, sonBeau-frère. Les discours du Comte de Moret, la crainte de perdre sonemploi, le déterminèrent à y entrer. De concert, ils parlèrent aux Officiers,qui leur étoient extrêmement attachés, leur promirent de grands avantages,leur firent sentir , que les embarras où étoit la Cour, l’obligeroient de lesménager, & que dans l’impoíììbilité de les punir, elle leur accorderaitdes conditions avantageuses, dans la crainte qu’ils ne se donnassent àPEspagne. Ainsi assurés de leur garnison , ils fermèrent les portes auComte de Moret, qui arriva bientôt après. En vain il fe nomma, de-manda à parler au Lieutenant de Roi ; on lui manda qu’on ne pouvoit lerecevoir, ni le reconnoître pour Gouverneur ; il insista , il menaça inu-tilement , il s’en retourna à Abbeville, d’où il fit savoir à la Cour cettefâcheuse nouvelle.
Le Cardinal envoya aussitôt négocier & offrir de grands avantagesà ces Commandans ; mais le Maréchal d’Hocquincourt, qui les joignit,les détermina à rompre absolument , & à pousser leur révolte aussi loinqu’elle pouvoit aller. Ils envoyèrent au Prince de Condé pour traiteravec l’Espagne par son moyen. Leur proposition fut reçue avec joie.On convint que le Roi d’Espagne payerait la garnison, qu’elle ne pour-rait être changée, augmentée, 011 diminuée, que du consentement de Far-gues & de la Rivière ; qu’ils demeureraient maîtres de la Place. Ils pro-mirent de servir fidèlement le Prince, de ne jamais fe raccommoder avecla Cour que de concert avec lui. II s’obligeoit pareillement de ne pointfaire de traité avec la France fans les y comprendre. Dès que ce traitéfut signé, ils commencèrent à faire des courses vers Abbeville, & à yétablir des contributions.
Fargues, qui avoit bien plus d’esprit & de résolution que le Lieu-tenant de Roi son Beau-frère , se rendit bientôt le maître, & il soutint sa
révol-