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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXIV. f

dans un petit jardin, où ses Nymphes, qu’il payoit chèrement venoientlui tenir compagnie. A la mort du Cardinal il crut être le Maître. 11prit des airs de supériorité sur le Tellier & de Lionne, qui se liguèrentcontre lui. II répandoit à pleines mains l’argent, & les revenus étoientconsommés deux ou trois ans d’avance. II Uonnoit pour quatre millionsde pensions à ses amis, ales maîtresses, qui toutes étoient des personnesdiltinguées; mais qui n’àvoient pas eu la force de résister à un mériteaussi solide que celui d’un Surintendant.

L’abbe' de Choisy, qui m’a fourni ces portraits, assure qu’ils font res-semblans, & s’exprime ainsi avant que de les tracer. „ Au reste je ne „dirai pas ce qu’ils étoient, ou ce qu’ils sembloient être à la mort du „Cardinal Mazarin ; à peine les connoissoit-on , ils se contraignoient alors ; „attentifs à ne se laisser voir que du bon côté, ils cachoient leurs rnau- „vastes inclinations; mais dès qu’ils se virent dans le Conseil, décidant „souverainement de la destinée del’Europe, chacun se déclara ; l’ambi- „tieux se distila en projets & eút l’insolence de dire, où ne monterai-je „point? l’avare amassa de l’argent, l’orgueilleux fronça le sourcil, le „voluptueux ne se cacha plus dans les ténèbres

Les Finances furent le prémier objet de Louis quatorze. Ce dé-

f iartement étoit alors composé de deux Contrôleurs-généraux, de deuxntendans, du Surintendant qui régloit tout à fa fantaisie, se conten-tant de payer aux autres de fort gros appointemens. Le Prince songeaà pratiquer les leçons du Cardinal Mazarin par rapport à cet article es-sentiel du Gouvernement; mais ne voulant pas s’en sier absolument à cequ’il lui avoit dit, il se mit en état d’en juger par lui-méme. II dit enparticulier au Surintendant qu’il vouloit être Roi, & prendre une exacteconnoissance de ses affaires ; qu’il commenceroit par les Finances ; qu’il n’yavoit que lui qui pût l’en instruire ; qu’il le conjuroit de le faire fans dégui-sement; qu’il se serviroit toujours de lui pourvû qu’il le reconnût sincère; quele passé étoit oublié , mais qu’il prît garde de lui parler dans l’exacte vérité.

Fouquet protesta qu’il seroit sincère. Avant que d’entrer en ma-tière , il avoit eu le tems de tenir conseil avec de Lorrne, Bouchard & Pé-lisson ses intimes amis, fur ce qu’on lui avoit dit. Ils lui firent remarquer,que dans ces discours il paroistoit beaucoup de fermeté & de bon-sens, &qu’il s’exposeroit en ne déférant pas à des ordres si précis. Il méprisa ceconseil, les assura que cette ardeur s’éteindroit bien-vîte dans l’esprit d’unjeune Roi ; qu’il n’y avoit aucune apparence qu’il pût soutenir huit heu-res par jour une occupation si désagréable , lui qui aimoit les plaisirs, quil’entouroient & se présentoient à lui de tous côtés.

Se'duit par ces vaines espérances, le Surintendant ne pût se résou-dre à être droit & sincère, persuadé que s’il difoit tout il ne seroit bien-tôt plus nécessaire. II donna au Roi des Etats de dépensé qu’il grossis-sent , & de ses revenus qu’il diminuoit. Tous les soirs ces Etats étoientmontrés à Colbert, qui en faifoit voir la fausseté. Le Prince insistoit lelendemain avec Fouquet, fans toutefois faire paroître qu’il fût instruit,,& Fouquet insolent persistoit dans le mensonge.

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Sa conduiteavec le Sur-intendant.Choisy, pag.12;. S? 14°-

Cette