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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1661 .

II établit unConseil deConscience.Cboisy , pag.

14 $.

11 marie lanièce duCardinal Ma-zarin, qu’ilavoir aimée.'Montglat ,tom. 4. pag.

s;§.

II marie sonfrère à laPrincessed’Amdeterre.Jdontpenfìer ,tom. 5. pag.

147 -

Qgincy , tom.I. pag. 2^ 4 -Motttvillc,

Cette épreuve plusieurs fois réitérée, fit comprendre au Monar-que que le Cardinal ne l’avoit point trompé , ni dans le mal qu’il lui avoitdit du Surintendant, ni dans le bien qu’il lui avoit dit de Colbert. Char-mé de la droiture & des lumières du dernier , & de son esprit d’épargne ,il le fit entrer dans le Conseil des Finances pour éclairer de plus près laconduite du prémier, dont la disgrâce fût absolument résolue. Le grandnombre de ses amis & de ses créatures , qu’on lui croioit beaucoup plusattachés qu’ils ne l’étoient en effet, bien plus encore fa Charge de Pro-cureur-général , qu’il exerçoit, la firent différer de quelques mois, jusqu’àce qu’on eût mis en œuvre les moyens, que Colbert avoit suggérés, pourqu’on pût l’entreprendre avec sûreté. Le principal de ces moyens fût del’engager à se défaire de la Charge de Procureur-général. La faveur qu’onlui témoigna, l’aífûrance du prémier poste , que son ambition lui fit regar-der comme immanquable , lui cachèrent la fatale destinée qui l’attendoit.

On établit aussi un Conseil de Conscience pour la distribution desBénéfices ; comme sûl n’étoit pas auíïï important pour le bonheur desVilles & des Provinces d’avoir de bons Gouverneurs que de bons Evê-ques. II fût composé de Pierre de Marca Archevêque de Toulouse ,d’Hardouin de Péréfix Evêque de Rhodes , & du Père Annat Jésuite. LaReine-mère y fit entrer la Mothe Houdancourt Evêque de Rennes , songrand Aumônier. O11 examinoit dans ce Conseil tous les sujets Tun aprèsl’autre ; le mérite y étoit sévèrement discuté. Ces trois ou quatre per-sonnes ne s’accordoient pas toûjours, par-là le Prince voyoit la vérité ;au-lieu que quand tout est entre les mains d’un seul, comme on ne l’aque trop vû depuis fous ce règne, il lui est facile d’insinûer ce qu’il luiplait, de flétrir ceux qui n’ont personne pour les défendre, & de faireoublier ceux qu’il n’aime pas.

En exécution des dernières volontés du Cardinal, Marie Mancini fanièce fût mariée avec le Connétable Colonne. Louis quatorze lui fitdes présens magnifiques ; mais il la vit partir fans émotion , & parut neplus se souvenir de la passion violente qu’il avoit euë pour elle. Cettepersonne partit fort mécontente de tout le monde ; du Cardinal, qui nelui laifïòit que cinq ou six cent mille écus, & qui l’avoit déshéritée , di-soit-elle , pour laisser son bien à un étranger ; de ses sœurs, qu’elle mépri-sent & haïssoit ; de Colbert , qu’elle n’avoit jamais pû souffrir ; de laReine-mère , qui s’étoit opposée à ses folles & ambitieuses prétentions ;enfin du Roi, qui la laissoit partir fans se soucier d’elle.

Il se fit un mariage plus important quelques jours après, de Mon-sieur avec Henriette d’Angleterre. Cette Princesse étoit assez grande ,elle avoit bonne grâce, & fa taille, qui n’étoit pas fans défauts , par sonadresse ne paroissoit pas aussi gâtée qu’elle l’étoit en effet; fa beautén’étoit pas parfaite , mais toute fa personne, par ses manières & sesagrémens, étoit toute aimable. Elle avoit le teint très délicat & trèsblanc , il étoit mêlé d’un incarnat naturel, comparable à la rose & aujasmin; ses yeux étoient petits, mais d’une grande douceur & fort bril-

lans ;