DE LOUIS XIV. LIV. XXIV.
lans ; son nez n’e'toit pas laid, fa bouche étoit vermeille, mais ses dentsavoient toute la blancheur & toute la finesse possible ; son visage troplong & la maigreur sembloient menacer sa beauté d’une prompte fin.Comme elle avoit de-quoi se faire aimer, ajoute Madame de Motte- „ville , on pouvoit croire qu’elle y réussirait aisément & qu’elle n’en „serait pas fâchée. Elle n’avoit pú être Reine, & pour réparer ce cha- „grin elle vouloit régner dans le cœur des honnêtes-gens. On voioit „déjà en elle beaucoup de lumières & de raison, & au travers de la „jeunesse, qui jufqu’alors l’avoit comme cachée au public, il étoit aisé „de juger, que lorsqu’elle serait sur le grand Théâtre de la Cour de „France, elle y ferait un des principaux rolles “.
L e Prince qu’elle époufoit étoit d’une taille médiocre, mais bienprise ; s’il avoit quelque défaut, c’étoit celui d’étre trop beau pour unhomme ; l’humeur, le caractère répondoient aux traits de son visage,c’étoit la bonté & la douceur même. Un peu plus de circonspection ducôté de la Princesse aurait rendu ce mariage des plus heureux. II se cé-lébra au Palais - Roïal, le dernier jour de mars, en présence du Roi,de la Reine - mère, de Thérèse d’Autriche & de la Reine d’Angleterre.La cérémonie se fit en particulier ; il n’y eût que Mesdemoiselles d’Orléansqui y furent invitées , comme les plus proches parentes.
Le Contract avoit été passé la veille. „ En faveur de ce futur ma- „riage , disoit-on , le Roi de la Grande-Brétagne a constitué en dot à Ma- „dame la Princesse Henriette sa sœur la somme de quarante mille Jaco- „bus évalués en m on noie de ce Roïaume à celle de cinq cent soixante „mille livres, & pour la grande amitié qu’il lui porte , & la considéra- „tion de l’Alliance qu’elle prend, lui a fait en outre don de vingt mille „Jacobus évalués à la somme de deux cent quatre-vingt mille livres , qui „seront délivrés partie en argent, partie en bagues, dont inventaire „fera fait & estimation , qui lui tiendront nature de propre. „
Le Roi ayant donné Appanage au Duc d’Orléans son frère, con- „sent qu’il doue, comme de fait il a doué présentement, la Princesse „de la Grande-Brétagne sa future épouse, de la somme de quarante mil- „le livres de douaire préfix par chacun an , en fonds de terres, à pren- „dre de proche en proche & en jouir par ses mains du jour que dou- „aire aura lieu , fur tous & chacun les biens , Terres & Seigneuries „de mondit Seigneur le Duc d’Orléans, même fur les Terres de son „Appanage. En outre donne à ladite Princesse, fa future épouse, le „Château de Montargis garni de meubles, comme il convient à fa qua- „lité, pour son habitation & demeure fa vie durant. „
Consent pareillement Sa Majesté, que ledit Appanage demeure Maffecté & hypothéqué à la restitution de la dot & autres conventions „& reprises dudit contract de mariage, si tant est que mondit Seigneur „le Duc d’Orléans, le jour de la dissolution de son mariage, n’eût d’au- „tres biens suffisons pour satisfaire aux susdites conditions. „
Seront lesdits futurs époux du jour de leurs épousailles uns L „
com-
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Portrait deMonsieur.
Contract dece mariage.Corps Diplo-matique tom.6. Part. 2 .pag. m-