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Tome troisieme.
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HISTOIRE

C

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I66l.Jalousies.MotUviïïe ,tom. pag.1 93-

7Wrf. pag.roi. b 3 îS'

Amour duRoi pour laValière.

Motte ville ,

tom. Ç<ai6.

Montpenjìer,tom. 5. pag.

l6i.

Son portrait.Çboisy , f»»»,i. xaZ. 149.

L e Duc d’Orléans fût d’abord de cette société' avec satisfaction , Lil regarda la considération que le Roi son frère avoit pour son Epouse .comme pouvant lui être avantageuse ; car sa fortune & son établissementn’étoient pas encore tels qu’il les souhaitoit. Ce Prince , qui avoit laisséengager Madame dans les promenades un peu plus loin que la bienséan-ce ne le permettoit, commença à s’inquiéter de ces* excès. A la vé-rité , fa présence, & peut-être les innocentes intentions de la Princesse ,qui, dans ce tems - là, ne paroissoit avoir d’autre objet que le plaisiren général, dévoient le calmer ; mais cette assiduité te changeant ennécessité , lui devint un sujet de peine, & il eût une extrême répugnan-ce pour ce qu’il avoit d’abord souhaité & approuvé.

La Reine-mère, pourrémédier à ces mauvaises dispositions, donnaordre à Madame de Motteville de réprésenter à cette jeune Princesse letort qu’elle se faisoit par sa conduite. Elle fût écoutée avec douceur &complaisance, mais ses avis ne furent point suivis ; ils choquèrent mê-me ; on s’en plaignit au Monarque, qui, fans le grand respect qu’il avoitpour la mère , auroit fait sentir son indignation à celle qu’elle avoit char-gée de cette commission.

L A Reine d’Angleterre, qui s’étoit fait une solitude , à quelqueslieues de Paris, avertie de cette espèce de désordre, usa de ses droits ;elle fit des remontrances, elle y mêla des reproches & des réprimandes,tout fût inutile. Anne d’Autriche crut que quelques jours d’abscncepourroient faire quelque changement. Elle engagea Madame à faire avecelle un voyage de quelques jours ; à son retour elle se livra aux diver-tissemens avec encore plus d’ardeur. Sans doute que la vivacité & Pim-prudence avoient plus de part à ce dérangement que la passion ; maisles plus modérés ne pouvoient s’empêcher de dire que les apparencesétoient bien fortes, & que la jeunesse ne pouvoit les excuser, ni fermer lesyeux fur l’énormité du scandale, que les seuls soupçons pouvoient donner.

L’iNCLiNATioNde Loíiis quatorzepourMademoiselIede la Valière,une des Filles de Madame, dût au-moins suspendre & assoiblir ces soup-çons fâcheux. Madame & la Comtesse de Soissons n’en surent pointfâchées ; elles y contribuèrent par leurs complaisances, & parurent êtrecharmées de n’être plus l’objet des chagrins jaloux de la Reine.

Mademoiselle de la Valière étoitaimable. Cen’étoitpourtant pasune beauté parfaite. Ce vers de la Fontaine, Et la grâce plus belle encore quela beauté , semble avoir été fait pour elle. Elle avoit le teint beau , lescheveux blonds, le soûrire agréable, les yeux bleus, & le regard si ten-dre & en même tems si modeste, qu’il gagnoit le cœur & l’estime. El-le avoit peu d’esprit , mais elle tâchoit de l’orner par une lecture pres-que continuelle. Du reste point d’ambition , point de vues pour fa for-tune , ni pour celle de fa famille. Si jamais il y a eu un vrai amour,c’étoit**celui dont elle brûloit pour son Amant. C’étoit lui-même, non•fa Couronne, ni les biens dont il pouvoit la combler, qu’elle ú noit.Sa passion faisoit ses délices ; elle pensoit plus à aimer qu’à plaire. Toû-

jours