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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXIV.

Le jour de l’Entrée, le Comte d’Eítrades voulut tenir son rang ordinaire , —■—mBatteville s’y opposa. On se battit, le combat fût sanglant. La popu- j66i.lace de Londres, au nombre de plus de six mille , malgré les ordres deson Souverain publiés ce jour-là même , se mit du côté des Espagnols.

Le carosse de P Ambassadeur de France fût brisé , les chevaux surent tués,beaucoup de ses gens & Ion fils furent blessés; en un mot Battevillel’emporta, & eût l’avantage chimérique de faire en faveur de son Maîtrece qui n’avoit jamais été fait.

A cette nouvelle Louis quatorze fût extrêmement érnû, & regarda Ressentimentcette action comme un grand outrage. II dit tout haut, qu’il en auroit de f° msraison, & que puisque les Espagnols commenqoient à rompre la paix, Çuator/.e,il ne reculcroit certainement pas; qu’ils y perdraient plus que lui, &qu’ils feroient bien embarassés quand il entreroit en personne dans lesraïs-Bas, & que le Prince de Coudé & le Maréchal de Turenne le sui-vroient, chacun à la tête d’une bonne Armée. Sur le champ il fit com-mander au Comte de Fuensaldagne de sortir du Roïaume ; il fit défen-dre au Marquis de la Fuente , qui venoit en qualité d’Ambassadeur ordi-naire , d y entrer ; on notifia au Marquis de Caracène qu’il n’auroit pointde passeport pour s’en retourner en Espagne par la France, comme ilpavoit íàit demander ; on rappella de Madrid d’Aubusson Archevêqued’Ambrun.

O n ne fût pas content du Roi d’Angleterre. On se plaignit de ceque ses sujets avoient favorisé le Baron de Batteville, & on crut pendantquelque tems qu’il n’avoit pas pris assez de précaution pour les empêcherde faire cette insulte. Le Comte d’Estrades étant arrivé fur la fin d’octo- MottevìUe ,bre, rendit compte de la manière dont les choses s’étoient passées. II tom.^.fag.dit, comme il étoit vrai, que Charles second avoir défendu à tous les 2 4î-Anglois, Ecossois & Irlandois de prendre parti; mais que n’étant pas lemaître de la populace de Londres, il étoit obligé de dissimuler ; il ajou-ta que ce Prince étoit personnellement intéresse dans cette affaire, &qu’il n’étoit pas possible qu’il n’en eût un très grand ressentiment. Quel’intérêt du Roi d’Espagne , qui voioit ce Prince uni avec la France, forti-fié par P Alliance du Portugal, étoit de lui susciter des affaires, & quecette action , fomentée & préparée par les Espagnols avec tant de soin &d’argent, avoit eu pour but de faire une sédition dans Londres, plûtôtque le désir de la préséance.

Ce Comte servit encore à déterminer au bon parti. On vouloitengager Charles second à chasser Batteville, on Pen avoit même déjàpressé ; PAmbassadeur répréfenta , qu’il seroit peut-être mieux de surseoirl’esset de cette demande , & qu’il seroit fans comparaison plus glorieuxque le Roi d’Espagne, pressé par la nécessité de conserver la paix, rap^pellât lui-même ce Baron. II conseilla encore de ne pas se. hâter defaire voir au Roi d’Angleterre qu’on étoit déterminé à la guerre en casqu’on ne fût pas satisfait, parce que ce Prince avoit un grand intérêt à

Tom. III, D y en-