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Oeuvres deFouquet ,îom. pag.
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Conduite duCardinalMazarin.Ibid. pag.q o.
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rfs HISTOIRE
boursemetîs qu’on leur avoit faits, les avoient donnés aux Gens d’assairespour éviter la perte de l’intérêt & d’un sixième de leur bien, ne son-gèrent plus qu’à les retirer aussitôt que le prix des nionnoïes fût fixé.
On se trouva alors dans le plus grand embaras. Le logement destroupes avoit épuisé les Provinces ; les Receveurs-généraux avoient faitleurs plaintes publiques de la désolation de leurs Généralités ; les Fer-miers des Gabelles répréfentoient la même chose, personne ne vouloitfaire d’avances fur mille six cent cinquante-fept ; on demeura tout d’uncoup à sec ; les Gardes Françoises crièrent, les Suisses voulurent le re-tirer ; la Maison du Roi ne fut plus fournie. A la fin de mille six centcinquante-quatre, les fonctions des Surintendans furent réglées de ma-nière , que Mr. Servien ordonnoit du fonds de toutes les dépenses, &que Mr. Fouquet devoit les fournir. II est visible, que par ce règle-ment Je dernier étoit déchargé de rendre raison & de prendre mêmeconnoissance des assignations données pour quelque dépense que ce fût,étant obligé de signer fans difficulté les consommations signées par sonCollègue, & que s’il a pû être comptable , ce n’a dû être que pour letems qu’il avoit été seul en exercice.
Le Cardinal envoïoit l’Etat général des sommes dont il vouloit qu’onfît le fonds en argent comptant pour chaque mois ; il fe chargeoit engros de la plûpart de ces dépenses, fans entrer dans aucun détail ; ilvouloit que les sommes fussent païées manuellement à ceux qu'il com-mettoit pour les recevoir, fans vouloir prendre d’affignations, observerles formes, ni faire expédier les ordonnances & quittances ; ces sommesn’étoient pas si peu considérables , qu’elles ne montassent chaque an-née à vingt ou vingt-trois millions, selon qu’il se chargeoit, ou non ,des Gardes Françoifes & Suisses. Outre tout le provenu des imposi-tions des Généralités de Châlons, Solfions, Amiens, Grenoble , & pen-dant quelques années de certaines Elections de Normandie , quand ilétoit mécontent de Mr. de Longueville ; très souvent des Elections deSens & de Beauvais, où il logeoit des troupes, à cause qu’il n’aimoitpas l’Archevêque & í’Evêque de ces Villes-là.
E n ces sommes n’étoient pas compris ses appointemens, ni rembour-sement de vieux billets à lui dûs, ou achetés de la Maison de Man-toue , de celle de Modène, des Sieurs Contarini, Cenami & Flervart,pour les païemens desquels il consommoit le provenu des Elections deXaintes, la Rochelle, les Sables, les Marennes, la Ferme de Brouage enentier, une partie de celle du Convoi de Bourdeaux, & d’autres assig-nations qu’il se faifoit païer comme pour sommes par lui avancées, quoi-qu’elles fissent partie contenue dans les Etats qu’il faifoit acquiter par leSurintendant ; fans compter les sommes qu’il faifoit fur-imposer par Let-tres de Cachet fur les Généralités, qu’il seréservoit; ce qui ne se fit ja-mais en France que par lui & pour lui, & ce qui est défendu sous peinede mort par les Ordonnances.
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