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Tome troisieme.
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HISTOIRE

166 s.

Défiance desEtars à cetteoccasion.

La guerreavec l’Angle-terre les obli-ge de dissi-muler.

Le Clerc,tom. j. pag.57 -

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; si contraire à leurs maximes ; mais que , quand par une politique malentendue ils y donneroient les mains, on ne craignoit point la rupture.Qu’ainlì le tems de former cette nouvelle union fembloit bien pluspropre quand la mort du Roi d’Espagne seroit arrivée , & les conditionsplus assurées quand elles feroient prises avec les Etats-Généraux ; qu’ilassûroit cependant qu’on ne tenterait rien fur les Païs-Bas que juste-ment , qu’avec la participation de ses Alliés, & qu’alors l'on Maîtreécouterait toutes les précautions qu’ils voudraient prendre pour leur sû-reté j si celle de son affection ne leur suffisoit pas.

D e Wit ne fût point dupe de ce discours artificieux. II avoit dévi-né, par les longueurs dont on avoit usé, qu’on vouloit faire valoir sesprétentions autant qu’on le pourrait; qu’on ne cherchoit que ses inté-rêts , & qu’on étoit dans des dispositions toutes différentes de cellesqu’on avoit témoignées d’abord. II répondit ; qu’il avoit cru que lesavantages de la France se trouvoient dans les projets qui avoient étédressés ; que les conditions dont on disputoit pouvoient être facilementréglées; que les sûretés de son Etat s’y trouvoient ausiì ; qu’il n’avoitvû aucune surprise à craindre de part & d’autre ; mais que puisque leRoi très-Chrêtien avoit des raisons de retarder, il n’en falloit plus par-ler. C’est ainsi que se terminèrent ces négociations.

Les Etats pensèrent dès-lors à s’opposcr aux desseins de la France,que les variations à proposer, & ses lenteurs à conclure leur avoientdécouvert avec certitude. Les Espagnols commençoient à être plusécoutés ; le Sieur de "Wit ne communiquoit plus au Comte d’Estradesles propositions & les Mémoires de Dom Este van de Gamarre, fur lesinstances duquel les Etats avoient résolu d’accorder la qualité d’Ambas-sadeur à leur Résident à Madrid , afin qu’il pût avec plus de dignité &un plus grand caractère assister aux négociations, qu’on prétendoit yfaire avec PAmbasiadeur d’Angleterre fur la ligue des dix-lépt Provin-ces. L’esprit des peuples & de plusieurs Députés tournoit de ce cóté-là , & l’idée qu’on avoit de l’ambition & de la puissance du MonarqueFrançois s’établissoit de plus en plus ; de forte qu’on regardoit commeun principe de conduite , dont on ne devoit jamais s’écarter , qu’il fal-loit , à quelque prix que ce fût, s’opposer à son agrandissement. Mais latempête qui lé formoit en Angleterre suspendit ces sentimens & contraignitde ménager ce Prince, qu’on craignoit trop pour qu’on pût l’aimer.

On s’appliqua à le prévenir de Pin justice des demandes & des plaintesdes Anglois. Le Pensionnaire , en remettant au Comte d’Estrades lesMémoires justificatifs du refus que ses Maîtres fassoient de consentir àces demandes & à ces réparations, ajouta, qu’ils se préparaient à n’êtrepas surpris ; qu’ils avoient cent vaisseaux de guerre prêts à mettre enmer & le fonds de leur entretien pour seize mois ; mais qu’ils comptoientpeu ces avantages au prix de la protection du Roi très-Chrêtien , &des secours qu’ils s’en promettaient, en vertu de son amitié & du der-nier traité.

Cette