DE LOUIS XIV. LIV. XXIX.
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Personne n’a parlé plus sensément de cette Princesse que le Marquisde Montglat. „ Elle mourut, dit-il, regrettée dans toute PEurope , „& particulièrement en France, où elle étoit aussi aimée qu’elle avoit „été haïe durant fa Régence , & qu’elle avoit été chérie pendant la „vie du feu Roi son mari. En effet c’étoit une excellente Princesse, qui „avoit de grandes qualités, mais qui ne se sentant pas capable de por- „ter le fardeau du Gouvernement, s’en reposa trop sur le Cardinal „Mazarin , lequel s'attira la haine des peuples & la rejetta fur elle. „Mais fa Régence étant finie, & ne se mêlant plus de rien, fa bonté „naturelle, qui l’avoit fait adorer du tems du feu Roi, se fit de non- „veau connoître & lui acquit l’amour de tous les Ordres du Roïaume. „En effet toute la Cour fit une grande perte à fa mort parce qu’elle ra- „battoit Pimpétuosité de la jeunesse du Roi son fils, qui s’échappa depuis w& lâcha d’avantage la bride à ses plaisirs. N’aïant plus la Reine fa mè- „re pour modérer l’ardeur qu’il avoit à faire la guerre, il tourna ton- ,jtes ses pensées de ce côté-là ; & comme il étoit ambitieux d’honneur, „songeant que toutes les grandes actions qui s’étoient faites durant son „Règne ne lui étoient point attribuées à cause de son bas âge, il réso- „lut de faire des conquêtes en personne pour en avoir seul la gloire
B u s s i parle en Panégyriste lorsqu’il finit ainsi le portrait de Louisquatorze. „ II a pour la Reine fa mère toute la tendresse & tout le „respect qu’il avoit dans son enfance, & il n’y a que fur ce chapitre „qu’il paroît n’être pas encore sorti de fa Minorité. II ne montre pas „seulement en cela son bon naturel, il témoigne encore sa reconnois- „sance ; car jamais Princesse n’a eu plus de traverses que cette grande „Reine en a eu pendant fa Régence pour conserver l’Etat du Roi son „fils On ne prétend pas que ce Prince ait manqué absolument àce qu’il devoit à une si bonne mère ; mais le peu d’autorité qu’il luilaissa, le peu d’égard qu’il eût en certaines occasions à íès justes prières& à ses sages remontrances, ne prouvent pas cette grande tendresse ,qui le faisoit paraître n’être pas encore sorti de fa Minorité.' Au-con-traire , elle fût la prémière à éprouver qu’il vouloit être le maître , &, sije puis ainsi parler , qu’il ne vouloit communiquer fa gloire à personne.
La mort de cette Princesse fût le sujet d’une Médaille f C’est un Tom-beau , d’où s’élève une Pyramide surmontée d’une Couronne fermée.Aux deux bouts de ce Tombeau font assises la Religion , qui tient furses genoux le modèle de PEglise du Val de Grâce, la science de gou-verner , qui tient en ses mains un timon de navire & appuie son piedfur un globe. La Légende , Annìe Austriacje matri colen-d i s s i m ìe , signifie , que le Roi a fait frapper cette Médaille â ì'honneurd''Anne d’Autriche fa mère , dont il a tant de sujet d'honorer la mémoire.
Le s foins du Gouvernement firent bientôt oublier cette perte, du-moins ils affòiblirent la douleur qu’elle avoit causée. Conséquemmentà la parole qu’on avoit donné aux Etats-Généraux de rompre avecl’An-gleterre si elle refusoit la paix aux conditions qu’on lui avoit offertes,
on
1666.Tnm. 4. pag*286.
Histoire deLnìiis le
Grand , pag.il 4-
f Voïez leN". XXIX.
On déclare laguerre à l’An-gleterre.