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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 217

On peut Faire état que la Flotte de France sera formée dans le mois d’a-vril; & comme la route de la Manche est infiniment préférable à celledu Nord, il est nécessaire de savoir si Messieurs les Etats auront en cetems trente ou quarante vaisseaux prêts à venir à la pointe de Brétagnepour passer ensemble & combattre les Angloís, au cas qu’ils se présententpour empêcher le passage.

Comme ce seroit un grand avantage de tenir les Anglois enfermésdans leurs Ports, il est nécessaire d’examiner si les Etats seroient dispo-sés d’envoïer trente bons vaisseaux dans la Manche , auxquels, ou tou-te la Flotte du Roi, ou au - moins douze vaisseaux se joindroient pourfermer les Ports de Portfmouth, Plymouth, en même tems que Mrs.les Etats avec leurs plus grandes forces pourroient fermer la Tamise& les Dunes. •

En cas que les Anglois tiennent une Flotte de vingt ou de trentevaisseaux dans la Méditerranée, il est certain que rien ne se peut fairede plus avantageux pour la Cause commune , que de la battre ; pour ceteffet, il faut que tous les vaisseaux du Roi y demeurent, & pour ren-dre cette action plus sûre, il faut presser les Etats d’envoïer avec toutela diligence possible les douze vaisseaux qu’ils ont promis.

Sur le point de cette jonction, dit un autre Mémoire du dix-neuffévrier, Sa Majesté désire que le Sieur d’Estrades confère avec le Sieur de"Wit fur la conduite que les Etats veulent tenir dans cette guerre. Ellepeut être double, l’une , d’assembler toutes ses forces ensemble , & don-ner un combat général ; i’autre, de diviser ses forces par Escadres de trenteou quarante vaisseaux chacune.

On fe servit de ces démonstrations de zèle pour tirer de la Hollandequantité d’avantages, qu’on n’auroit pas demandé dans d’autres circons-tances. On fit bâtir des vaisseaux de guerre prefqu’au même prix queceux de l’Etat; on tira d’Amsterdam quantité de poudres, de mâts, decordages pour les vaisseaux. L’animosité des peuples contre les Anglois ;l’intérêt qu’avoient plusieurs Membres du Gouvernement que le Princed’Orange , neveu du Roi de la Grande-Brétagne , ne fût pas rétabli dansles Charges que lès Ancêtres avoient occupées, étoient la source de cesgrandes complaisances. 11 y eût pourtant une occasion délicate, où l’ontût refusé, sans qu’on pût s’en plaindre.

Le Roi très-Chrétien écrivit à son Ambassadeur de parler en grandsecret au Pensionnaire de Hollande, d’une affaire, qu’il disoit avoir ex-trêmement à cœur. „ Le fait est, dit ce Prince , qu’il y a déjà quel- „ques mois que je me trouve engagé de parole au Roi de Pologne & „à la Reine, de leur envoler au printems de cette année un Corps „d’Infanterie Françoise de cinq à six mille hommes, pour leur donner „moïen de mettre à la raison leurs sujets révoltés & le Prince Lubo- „mirski qui s’est joint à eux. On avoit espéré que raccommodement „de Tannée dernière , fait sur le champ de bataille , auroit rétabli le „repos de la Pologne ; mais cette grâce n’a servi qu’à rendre les ré- „Tome III. Ee « belles

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Mémoires âtiComte d'Es-trades , tom.î-lag. n;.

On demandepassage an-travers de laHollandepour envoïetdes troupesen Pologne.Ib. pag. 12).