HISTOIRE
1666.
31 est refusé.Mémoires duComte d’Ej-trades tom . 3 .$ag. « 5 .
Quelles pou-voient êtreles vúës decette deman-de ?
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„ belles plus audacieux ; en sorte que tout le parti du Roi va être bou-„ leversé & peut-être quelque chose de pis, lì je ne trouve rnoïen de„ faire palier incessamment le Corps de troupes que j’ai promis pour„ soutenir le bon parti.
„ Pour cet effet iln’ya que deux voïes. L’une, d’embarquer le-„ dit Corps pour Dantzig, ce qui n’est pas pratiquable, depuis ma décla-» ration contre les Anglois ; & puisque j’ai bien voulu en cette rencontre„ préférer les intérêts des Provinces-Unies aux miens propres, elles sonty , d’autant plus obligées , par gratitude & par bienséance, à me donner„ maintenant les moïens qui dépendront d’elles, pour que je puisse sor-„ tir honorablement & avantageusement de cette affaire.
„ L’autre voie , qui est la seule qui me reste , est de faire passer cet-» te Infanterie en Hollande , sous prétexte de la guerre de Munster ; de-là» dans l’Oost-Frise, le Comté d’Èmbden, le Duché de Meklenbourg„ jusqu’à Lubek, où elle s’embarqueront pour Dantzig ".
Le Pensionnaire, à qui fans doute ce dessein parut tel qu’il étoit,c’est-à-dire des plus extraordinaires, répondit, qu’à moins de se perdresans ressource, il n’ôseroit proposer aux Etats de demander un nouveausecours à la France ; que les Provinces de Gueldres & d’Ovérissel quiavoient été ruinées par le prémier passage, n’en donneroient pas un fé-cond ; que ce qui étoit aruvé touchant la Religion avoit tellement aigriles Esprits de toutes les Villes, que ce seroit les mettre au désespoir quede leur proposer un secours nouveau. Mais que pour faire voir au Roitrès-Chrêtien le désir qu’il avoit de le servir , il se faisoit fort de faire don-ner une Escorte suffisante, lorsque la Flotte des Etats seroit en mer, pourconduire ses troupes jusqu’au bond, d’où elles iroient en sûreté à Lubekou à Dantzig. 11 ajoutoit qu’en faisant rembarquement à Dieppe,Calais, ou Boulogne, le passage se seroit avec moins de dépense & plusde fureté.
Cette réponse fit abandonner ce projet. Quel volage pour destroupes, depuis la France jusqu’à Lubek? Quand seroient-elles arrivées enPologne ? Manquant de bâtimens pour les embarquer à Dieppe, ou àCalais, en auroit-on trouvé à Lubek ou à,Dantzig? Tous les troublesde Pologne furent appaisés au mois de juillet. Les choses n’étoient pas11 désespérées. Ce qui est de certain, c’est qu’on avoit été fort mortifiéque les Hollandois eussent réduit à six mille hommes le secours qu’onleur avoit envoïé ; c’est que depuis on avoit tâché, par toutes sortesde moïens, d’augmenter ce Corps de troupes, & qu’on avoit formé degrands projets au cas qu’on y eût réussi ; c’étoit de s’assurer, ou de sefaire céder quelque Place forte , Maestricht par exemple, afìn de tenircette République en bride & de l’empêcher de sopposer aux conquêtesqu’on méditoit.
Si la France avoit quelques desseins fur la liberté des Provinces-Unies , l’Espagne & l'Angleterre en avoient auffi. L’envie que chacunavoit de les avoir de son côté faisoit emploïer toutes sortes de moïens.
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