DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 225
Cet arrangement parut trop simple. On exposa les différens partisque la Flotte Angloise pourroit prendre, & on voulut savoir ce que feroitl’Amiral Hollandois dans chacune de ces circonstances. On demanda,comme absolument nécessaire , ou que l’Armée des Etats occupât le Pas deCalais, ou qu’elle détachât un bon nombre de ses meilleurs vaisseauxjufqu’à la pointe de Brétagne ; on arrêta qu’on s’empareroit du Pas deCalais. Cette difficulté réglée, on en fit d’autres pour assurer le retourde la Flotte Françoise ; on exigea des Etats une assurance précise & porsitive, qu’en quelqu’état que leur Flotte se trouvât, çlle feroit mise enmer pour la sûreté du retour des vaisseaux François ; en forte qu’ils nepussent courir aucun risque à leur passage dans la Manche.
Le Sieur de Wit fût fort surpris de ces propositions nouvelles, <Sçles regarda comme l’annonce d’une résolution de ne point entrer dans laManche. II répondit que ses Maîtres, qui agissoient toûjours avec sin-cérité , ne pouvoient prendre de pareils engagemens ; que la perte d’unebataille, une grande tempête pourroient rendre impossible Texécution dece qu’ils auroient promis si précisément ; mais qu’on pouvoit s’assûrer qu’ilsferoient tout leur possible pour favoriser la retraite.
Ru 1 ter se mit en mer au commencement de septembre, il allachercher les Anglois. Ceux-ci, ne voulant pas risquer la gloire qu’ils ve-noient d’acquérir, se retirèrent vers leurs Côtes. II se saisit du Pas deCalais selon le projet. Le Duc de Beaufort avoit cependant quitté laRochelle pour se mettre à portée d’entrer dans la Manche ; comme ilétoit prêt d’y entrer le quinze , les vents contraires le rejettèrent àBelle-lsle; enfin le vingt-trois il arriva à la Rade de Dieppe.
Pendant ces différentes manœuvres, les Etats-Généraux prirent larésolution de faire retirer leur Flotte dans leurs Ports. Ils la notifièrentà la Cour de France par une Lettre du vingt & un de septembre, oû ilsdétailloient. les raisons qui les avoient obligé à prendre ce parti. Sansêtre choquante, elle faifoit sentir qu’ils avoient sujet de se plaindre deslongs retardemens, qui les avoient privés d’un secours fur lequel ils avoientcompté, & qui ne leur arrivoit que lorsqu’ils ne pouvoient plus s’en servir.
Apre' s avoir parlé des maladies qui s’étoient mises fur leur Flotte,& qui avoient attaqué leur Amiral & la plûpart des autres Chefs, dont leComte de la Feùillade avoit déjà fait le rapport, la Lettre s’exprimoitainsi. „ Nous avons lieu d’efpérer & de croire fermement que vôtre „Majesté aura déjà conclu qu’il feroit, tant à nôtre égard, qu’à celui de „la Cause commune, très mal à propos & très dangereux de hazarder „nôtre Flotte à un combat général, principalement après qu’une longue „expérience nous a appris, que les maladies, qui dans le déclin de Tannée „commencent à s’emparer des Flottes, augmentent fans cesse, & la mettent „bientôt hors d’état d’attaquer & de se détendre, C’est ce qui nous a abso- „lument obligé de faire rentrer dans nos Ports nôtre principale Flotte. „
Nous eussions bien désiré, Sire, qu’il eût plû au Dieu tout „Puissant de permettre que le dessein salutaire de vôtre Majesté & le nó-
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Elle se meten mer lors-qu’on croîtcelle des E-tats retirée.
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Tome III,
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