DE LOUIS XIV. LIV. XXIX. 227
Ruiter n’avoit point reçu ordre de se retirer; il n'étoit pas vraiqu’ii eût pris la route de Zéelande ; le Comte d’Eitrade rassure de la maniè-re la plus précise dans fa Lettre du trente septembre. „ Les Etats, dit-il „à son Maître, ne peuvent justifier leur procédé. Tout ce que j'ai pû „faire a été de m’opposer aux ordres donnés de faire rentrer la Flotte dans „les ports. Je dirai confidemment à Vôtre Majesté que le Sieur de "Wit „a retenu les ordres, attendant quelque expédient pour les faire révo- „quer. Trois jours après un fut Parrivée de la Flotte de Vôtre Majesté „vers Dieppe. Je demandai aux Etats d’envoïer des ordres nouveaux „à leur Amiral pour mettre à la voile tout aussitôt & aller joindre Mr. „le Duc de Beaufort ; ce que j’obtins. Le Sieur de Wit fit expédier „lesdits ordres & les envoïa dès le vingt-íìxième à quatre heures après „midi ; & afin de ne recevoir pas de reproches, il envoïa aussi les pré- „miers portant de fe retirer. Je supplie très humblement Vôtre Majesté „que ce que je lui mande demeure fous le secret, afin que le Sieur de „wit n’en soit pas recherché un jour. „
Nous estimâmes ensuite à propos lui & moi qu’il devoit se „faire nommer pour aller sur la Flotte, avec plein pouvoir d’y agir, „& il est parti le vingt-íìx la nuit pour s’y rendre en diligence “.
Ensuite de ces ordres, Mr. de Ruiter écrit du vingt - sept ,environ six lieues de la hauteur de Dunkerque , qu’il a reçu les deux.ordres; que le dernier détruisant le prémier il alloit mettre à lavoile. Non - seulement la Flotte ne s’étoit pas retirée lorsque leDuc de Beaufort arriva à Dieppe ; mais elle ne le fit que trois semai-nes après.
A u même tems, & même après que la Cour de France avoit faitdonner avis à fa Flotte de la retraite de celle de Hollande, & que peut-être elle lui avoit donné les ordres de retourner à Brest, í’Ambassadeurfit à la Haïe les instances les plus vives & les plus pressantes, pour queRuiter s’avançât au Pas de Calais. Outre ces instances, on avoit envoiele Marquis de Villequier Capitaine des Gardes d u Corps pour pressercet Amiral de s’avancer. La dépêche qui contenoit ces ordres, & cetavis qu’on donnoit au Comte d’Estrades étoient du vingt-cinq de septem-bre. „ Vous pourrez, lui disoit-on, bien faire connoître aux Etats „la sincérité avec laquelle j’agis dans une affaire si importante & si dé- „licate, puisque nonobstant l’entrée de la Flotte Angloise dans la Man- „che, & la retraite de la leur, je n’ai pas laissé de faire passer la mien- „ne à la vûë de l'Angloife pour faire la jonction qu’ils ont tant désirée. „Vous pouvez même vous servir avantageusement d’une action si hardie, „de concert avec le Sieur de Wit, pour fortifier le parti des bien-in- „tentionnés pour le bien de leur patrie , & pour détromper les peuples „de toutes les mauvaises impressions, que les Anglois & les Partisans „des Espagnols s’efforcent de leur donner. Mon intention est que vous „traitiez avec le Sieur de Wit des moïens d’emploïer utilement nos Ar- „niées pendant le reste de la Campagne ; non-feulement pour chercher „
F f 2 „ l’At-
1666.
La Flottelíollandoiseétoit encoreen mer.
Le Clerc Jom.
pag. 160.Bajhage.D’Ejírades ,tom. j. pag.
428-
Vie de Ruûter.
Ibìd.
Tandis quela Flotte deFrance se re-tire, on pres-se les Etatsd’envoïer laleur au-de-vant.
D’Estrades ,tom. }, pag.
411.