2§4 HISTOIRE
—.. j} S a Majesté a donc estimé à propos de ne parler point aujourd’hui
1667. 55 de cette garantie , qui lui est dúë ; se réservant d’en faire la deman-„ de en tems & lieu, selon le train que les affaires prendront. Et l’ef-„ set que Sa Majesté en voudra & pourra tirer alors, fera d’etnpêcher„ que les Etats ne prennent un parti contraire au sien, & ne veuillent„ soûtenir les Espagnols, par la grande difformité & extrême injustice„ qu’il y auroit, qu’un Etat formellement obligé par un traité solemnel„ à garantir les droits du Roi, prît lui-même les armes pour les com-„ battre , après que Sa Majesté les a prises en vertu du même traité„ pour défendre lesdits Etats contre un Roi son proche parent & al-„ lié, & contre un Prince de l’Empire aussi son confédéré.
„ D u reste, ledit Sieur d’Estrades assurera de nouveau le Sieur de„ Wit, qu’on trouvera toujours Sa Majesté dans une sincère diiposition„ de s’accommoder avec les Espagnols, de le faire même à des condi-„ tions fort modérées. 11 ajoutera , que tous les offices & les instances„ que ses amis feront pour porter les Espagnols à lui rendre justice lui„ seront fort agréables ; Sa Majesté ne désirant que fa juste satisfaction„ & la continuation de la paix , qu’elîe ne rompra point de fa part, si„ l’Efpagne ne lui déclare la guerre. Et par ce moïen qu’elle a embras-„ sé, il restra bien plus de lieu à la prompte conclusion d’un bon ac-„ commodément , puisque le traité des Pyrénées subsistant , il ne„ faut, pour maintenir le repos dans la Chrétienté , que faire conve-„ nir les parties du dédommagement que l’Efpagne voudra donner à la„ France , des droits échus & acquis à la Reine. Sur quoi le Sieur„ d’Estrades déclarera audit Sieur de Wit, &, s’il est nécessaire, auxj, Etats-Généraux , que Sa Majesté se contentera de recevoir ce dé-I, dommagement en Païs & Places qui ne regarderont point les Provin-», çes-Unies, ni ne leur pourront donner aucun ombrage.
„ S a Majesté trouve encore bon , que le Comte d’Estrades offre aux„ Etats de leur donner une cession en la forme la plus authentique„ qu’ils pourront la désirer pour leur sûreté, de tous les droits que la„ Reine & Monsieur le Dauphin ont & peuvent avoir fur les Places„ du Duché de Brabant, qui leur ont été délaissées par la Couronne„ d’Eípagne au traité de Munster.
„ Pour passer maintenant à d’autres affaires, comme la Régence de„ Suède n’a point encore pris de liaison plus étroite avec Sa Majesté , & que„ d’un autre côté , on est incertain du parti que les Etats pourront pren-„ dre dans la fuite de l’affaire où Sa Majesté va entrer , le Sieur d’Es-„ trades, jusqu’à ce qu’on voie plus clair dans le train que les choses„ prendront & jusqu’à de nouveaux ordres, ne se devra pas mettre„ beaucoup en peine à l’avenir d’accommoder les Suédois avec les„ Etats, afin que la crainte que ceux-ci auront des armes des autres,„ les rende plus retenus à s’embaraffer dans d’autres affaires. Cela veut„ dire, que si même le Sieur Comte d’Estrades le peut, fans paraître,
faire