DE LOUIS XIV. LIV. XXX.
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faire naître de nouveaux obstacles à cet accommodement, il fera bon „qu’il le lasse “.
L’Ambassadeur selon ses ordres s’adressa d’abord au Pensionnaire.Son attachement à la France n’empêcha point son étonnement & sesplaintes. 11 témoigna être fort surpris de ce que le Roi très-Chrêtien étoitfur le point de marcher avec son Armée, dans le même teins qu’il don-noit connoissance aux Etats des droits de la Reine. 11 dit que ce Princeavoit assuré plusieurs fois qu’il n’entreprendroit rien que de concert &avec leur participation ; que cependant, fans leur donner seulement letems d’examiner 11 ses droits sont justes & légitimes, Sa Majesté exé-cutoit & signifioit ses intentions en même tems ; ce qui étoit bien éloi-gné de la croïance que les Etats avoient qu’on les traiteroit fur cepoint avec plus de confiance, en laissant un tems raisonnable entre l’a-fvis & Pexécution , auíli-bien que de l’efpérance qu’on se feroit expliquéde quels Pais & Places on se contenterait pour éteindre ce grand feuqui s’alloit allumer. Que pour lui en particulier, il avoit offert, commeil le faisoit encore, de s’emploïer auprès des Espagnols pour les porter àun accommodement. Que feutrée dans les Païs-Bas dans une conjonc-ture de traité de paix, faisoit juger à tout le monde que Sa Majesté étoitd’accord avec les Anglois.
Il ajouta, que depuis fort longtems on s’appercevoit que l’affectionde ce Prince s’étoit fort rallentie pour le bien & Pavantage des Etats ;qu’on avoit fait en France tout ce qu’on avoit pû pour ruiner leurcommerce, en mettant des impositions extraordinaires fur toutes lesmanufactures qui vont de Hollande en France, & se servant de toutessortes de moïens pour attirer leurs ouvriers. Que les sujets de l’Etatévitoient autant qu’il leur étoit possible de trafiquer en France, où lesimpositions étoient venues à un tel excès, que ce qui ne païoit quevingt du tems du feu Roi en païoit à présent quatre-vingt. Qu’il avoitcru faire beaucoup pour le service du Roi de disposer PAssemblée deHollande à consentir à un traité de garantie entre Sa Majesté, le Roide Dannemark & les Etats contre l’Angleterre, en cas qu’elle voulûtfaire baisser le Pavillon aux vaisseaux de Sa Majesté dans la Manche ;qu’elle y aurait trouvé de Pavantage en cas de rupture avec les Espag-nols ; que cette proposition aïant été rejettée, il ne voioit présentementaucune voie pour entrer dans cette étroite liaison, qu’il avoit cru néces-saire au bien des affaires communes & à Pintérêt particulier de la Fran-ce. Que pour lui, se voïant inutile & hors de tout crédit, pour dis-siper les ombrages causés par cette prompte entrée dans les Païs-Bas, ilprenoit le parti d’aller fur la mer comme Député des Etats, pour n’êtrepas présent à toutes les délibérations qui íé prendraient fur des matièressi fâcheuses & si surprenantes.
L’Ambassadeur alla ensuite à PAudience publique. On y lutles Lettres qu’il y présenta; il remarqua dans toute PAssemblée beau-coup d’étonnement. Le Président répondit en deux mots, qu’on étoit'fouie IIL L1 fort
1667.Sentîmcnsdu Pension,naire & desEtats - Géné-raux.
Le Clerc,tom.t- t a g- i8o,D’EJìradt) ; *tom. 4. pag.204.
De Wit,tom,
4 . 14 »-
I.e Clerc,tom.î- Mg- 182.D’EJhade; ,tom 4. pag,
209.