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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXX.

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par lequel il prétend dépouiller le Roi mon Maître des Provinces de „Brabant & de ses dépendances. ,,

Cette manière fi violente d’agir fait connoître évidemment à Mes- „íìeurs les Etats, par nôtre exemple, ce qu’ils en doivent attendre ; vû „que si le feu Roi Catholique n’a pas eu droit de transporter à son fils „celui qu’il avoit fur le Brabant, bien moins en a-t-il eu pour céder „aux Etats ce qu’ils possèdent de ce Duché. „

Sr l’on viole l’amitié , le parentage , un traité aussi solemnel que „celui des Pyrénées, & si l’on nie la rénonciation fi expresse du Roi & „de la Reine de France, Messieurs les Etats-Généraux peuvent aisément „voir ce qu’ils doivent espérer en leur particulier, puisque ce qu’ils pos- „sèdent n’esì pas renoncé. „

Que Messieurs les Etats considèrent, que le Roi de France aïant „ce but, il a prémédité avec une étude particulière de s’introduire en „la guerre d’Angleterre, pour affoiblir les Provinces-Unies & les en- „nuïer de la guerre. „

Quant à la supposition d’avoir demandé satisfaction à la Rei- „ne Catholique, il est nécessaire que Messieurs les Etats sachent „qu’il coníte , que ce fût le treizième août mille six cent soixante- „cinq que la Reine - mère de France parla au Marquis de la Fuen- „te, & que le Roi Catholique ne mourut que le dix-sept de septem- „bre suivant. „

Que l’on prenne garde si jamais on a vû une manière sembla- „ble de procéder. Violer un traité si solemnel de paix, après une ré- „nonciation où l’on n’a rien oublié pour prévenir cet accident, n’esì- „ce pas déclarer qu’on ne reconnoît point d’autre loi que celle du „plus fort? „

Il dit qu’il ne prétend pas de rompre la paix & assure qu’il fou- „haite seulement un accommodement raisonnable ; & cependant sans „avoir traité, ni déclaré ce qu’il prétend , il commence par des hos- „tilités. „

Que Messieurs les Etats fassent attention, qu’en déclarant qu’il „vient prendre possession du Brabant &de ses dépendances, il leur dé- „nonce qu’il vient aussi les dépouiller de la part qu’ils y ont ; puisque „ce qu’ils en possèdent, n’a pas pû, selon lui, être aliéné au préjudice „de l’héritière. „

V û que l’intérêt est commun & le péril égal, je demande à Mes- „sieurs les Etats de pourvoir à la défense commune, faisant de vi- „ves instances au Roi très-Chrêtien afin qu’il diffère les hostilités & „mette ses prétentions entre leurs mains , n’étant pas raisonnable „qu’il donne la loi , se faisant juge & exécuteur de ses droits pré- „tendus. „

Et si Sa Majesté très-Chrêtienne ne veut pas différer la rupture, & „donner lieu à la médiation & accord, Messieurs les Etats connoî- „tront quelle est son intention; & joignant leurs armes aux nôtres, „

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