DE LOUIS XIV. LIV. XXX. 275
)our s’éloigner de la leur & leur óter toutes sortes d’ombrages. LeJuché de Luxembourg étoit pourtant bien proche des Païs d’Ontre-Meuse, & jamais les Etats n’eussent agréé que les François en eussentété les Maîtres. II ajouta , qu’il ne pouvoit assez s’étonner qu’on pro-posât de reprendre le traité de Partage; que les affaires n’étoient plusdans la même situation ; qu’on ne se relâcherait pas des droits de laReine juí'qu’au point d’abandonner un droit juste & légitime , pourformer une République. Cette négociation fût suspendue par les opé-rations de la guerre ; nous y reviendrons après que nous les aurons détaillées.
L’AMOURde la gloire arracha bien-víte Louis quatorze du sein desplaisirs. Dès qu’il eût rejoint son Armée, le Maréchal de Turenne ledétermina à tâcher de se rendre maître de Dendermonde, qui est situéesur le grand Escaut entre Gand & Anvers , où cette rivière est fortgrande , tant par les eaux de la Lys qui s’y déchargent en cet endroit,que par la mer , dont le reflux y est fort sensible. Cette Ville est fort im-portante , car elle coupe Gand, Anvers, Bruxelles & Malines , & donneentrée au Païs de Vaës, entre Anvers &Hulít, qui appartient aux Hol-landois. On y marcha , on l’investit, on fit faire un pont pour mettreun quartier de l’autre côté de l’Escaut ; on courut le Païs de Vaës fortgras & fort riche , & où la guerre n’avoit point été depuis fort long-tems. Ceux de Dendermonde lâchèrent leurs écluses avec tant de suc-cès , qu’on fût contraint de se retirer. On le fit si promptement, queles partis qui pilloient dans le Païs de Vaës 11e purent repasser l’Escaut& furent tous faits prisonniers. Apparemment que cette marche n’avoitété faite que pour détourner l’attention des Espagnols de dessus Lille »à qui 011 en vouloit ; on Pinvestit le dixième d’août.
Cette Ville étoit alors, comme elle l’est encore aujourd’hui, une desplus grandes, des plus riches, des plus puissantes des Païs-Bas , & bienfortifiée. Le Comte de Crouy homme de réputation en étoit Gouver-neur. II avoit une garnison de deux mille hommes de vieilles troupes,& quantité de Bourgeois prirent les armes pour la seconder ; les vi-vres , les munitions de guerre ne lui manquoient pas. L’Armée étoit fortdiminuée par les garnisons qu’on avoit été obligé de mettre dans lesPlaces qu’on avoit conquises. Le Comte deMarsin, qui commandoit lestroupes Espagnoles, avoit enfin rassemblé un Corps de six mille hom-mes ; la circonvallation devoit être grande & les quartiers fort éloignésles uns des autres ; par-là le secours devenoit aisé à introduire & diffi-cile à empêcher. Toutes ces difficultés furent répréfentées au Conqué-rant par les principaux Officiers ; mais rien ne fût capable de le détour-ner de cette entreprise.
O n sût huit jours à mettre en état les lignes de circonvallation. Onavoit fait venir du Luxembourg le Corps que commandoit le Marquisde Créqui; il fût posté dans l’endroit par où l’on crut que le secourspouvoit venir. On suppléa au petit nombre des troupes & à la trop gran-de distance des quartiers par la plus grande vigilance. Le Roi, le Maré-
M m 2 , chai
16157.D'EJìrades ,tonu 4 , pag.; 86 .
L’Arméeavance pro-che d’An-vers & revi-ent fur sespas.
Montglat ,tom. 4 . pag,-St-
Siège de Lil-le.
Ibid.
MémoiresHijìoriquesg# Chronolo-giques.Quiney.tfítftJ -ïag- 281-