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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. L IV. XXX. 28Z

V. Et afin que l’on n’ait aucun sujet d’appréhender, qu’un reste . > > >

mal éteint de ce même feu ne vienne à rallumer un jour une nouvelle 1667.guerre, les Etats & lesdits Princes s’obligeront ensemble à une garantie,la plus solemnelle & la plus forte qui se puisse faire, pour l’observationponctuelle de toutes les conditions du traité de paix.

Et quoique tout ce que dessus soit couché en termes qui semblentindifféremment toucher l’Espagne comme la France, cela ne peut pas di-minuer la satisfaction, que le Roi très-Chrêtien doit avoir, de ce qu’onlui propose un moïen assuré de parvenir à ses fins ; d’autant plus qu’on feraobligé d’user de cette manière d’agir de la part desdits Etats, pour attirerdans le même dessein plusieurs Princes d’Allemagne, qui fans cela pour-roient être portés à des résolutions plus dangereuses pour eux & pourla France.

Il semble raisonnable; & même satisfaisant à l’intention du Roi,que pendant l’interim Sa Majesté demeure en possession, non-seulementdes Places conquises par ses armes ; mais aussi des Châtellenies & autresdépendances d’icelles, cessant au reste les contributions dans les Paisqui n’en dépendent pas ; comme aussi devront cesser toutes semblablescontributions, que les Espagnols tirent présentement dans le Territoirede Sa Majesté.

C e projet étoit visiblement favorable à l’Espagne. On vouloit sus- Rejetté parpendre faction des Armées Françoiíès, se donner le tems de concerterpar-tout les moïens de la sauver , & de lier pour toujours les mains au pag.'^i.Victorieux ; de manière qu’il ne pût continuer ses conquêtes, fans avoir D'Ejtrades ,fur les bras toutes les Puissances de l’Ëurope. 11 en fût outré ; mais tom - í- ?“£•comme si s’embarassoit peu de cette foule d’ennemis dont on le mena- 83 ‘çoit, pourvû que les Provinces-Unies persévérassent dans son Alliance ,il n’éclata point, les négociations continuèrent.

D’abord on avoit écrit, avec beaucoup d’amertume contre ce pro- Menaces^ dejet au Comte d’Ëstrades. „ Je vous avouerai, difoit Mr. de Lionne, „ sou-

que je ne fus jamais plus surpris, que quand je vis ce projet, & de „quelle manière on nous avoit changé , comme on dit, les cartes en „main. Mr. de "Wit presse le Roi de s’expliquer confidemment des con- „ditions auxquelles il consentirait à un accommodement ; on s’explique ; „

Air. de Wit trouve les conditions un peu trop hautes; il les réduit; „on consent à ce qu’il souhaite, & le fruit d’un procédé si obligeant, de „toutes ses confidences, de toutes ses facilités, est d’avoir dit l’on secret „inutilement, & de voir qu’on en abuse. Ces Messieurs pourront se „ressouvenir en tout tems que Sa Majesté a mis la sûreté de la paix „

entre leurs mains, aux mêmes conditions que les principaux Direc- „

teurs de leur Etat ont désiré d’elle ; & si cela ne peut servir de „rien, este saura certainement prendre un bon parti “.

La réponse de l’Ambassadeur inspira des pensées plus modérées. II Le Comte

représenta, que le Sieur de Wit protestoit toujours n’avoir autre des- ^0001^

sein que de conduire les affaires selon les intentions du Roi, & de lui ibju. paê 84.

N n a faire