DE LOUIS XIV. LIV. XXX. 28s
On vouloit encore qu’ils promissent de ne fournir aucun subside ■ ■ ■wwni rad’argent à aucun Prince ou Potentat de l’Empire, ou hors de l’Empire , 1667.
qui voudroient emploïer leurs armes en faveur des Espagnols. Par rap-port au Portugal, on fe contentoit que les Etats promissent de s’emploïerauprès des Espagnols, pour les maintenir dans la bonne résolution, oùils étoient de traiter la paix avec le Portugal de Roi à Roi. „ Sa „ d 'Estrades.,Majesté, ajoutoit le projet, sachant bien qu’elle ne peut pas raisonna- „ tom - Fai-blement demander à ses amis & Alliés plus que leurs offices, en une „ lis ‘affaire qui leur est tout-à-fait étrangère; mais fe réservant en même „tems, en cas d’une opiniâtreté invincible des Espagnols, de faire ce à „quoi elle est obligée pour ne manquer jamais au traité qu’elle a avec „le Roi de Portugal
La réponse ferme du Pensionnaire avoit apparemment contribué àla modération de ce nouveau plan. La non-jonction des Flottes , mal- Ib'ul pag. 9a.gré le traité signé, avoit dit ce Ministre, & les conquêtes de Flandreont absolument aliéné les esprits, & les ont remplis de justes ombrages ;qu’on doutoit que le Roi voulût la paix, puisqu’il ne répondoit rien surla garantie, qui étoit un point essentiel, & sans lequel il ne pouvoit yavoir de sûreté. Que la condition de rompre avec l’Espagne pour lesintérêts du Portugal ne pouvoit avoir lieu, & qu’elle rendoit toutes lesautres propositions inutiles. Qu’il convenoit de rengagement de main-tenir tous les droits du Roi; mais que celui dont il étoit question n’é-toit pas vérifié ; qu’il étoit nouveau ; qu’il n’auroit pas de peine à justi-fier la conduite des Etats en cette rencontre ; que par discrétion ils dis-simuloient beaucoup de sujets de plaintes, dont la principale étoit d’a-voir commencé une guerre, après leur avoir promis de bouche & parécrit qu’on ne l’entreprendroit pas fans leur participation. Qu’ainsises Maîtres se croioient fort assûrés de n’être pas obligés à garantir unetelle guerre. ; , ,
Cependant comme le Pensionnaire agissoít de bonne-foi , & qu’il On s adoucîtétoit persuadé que son intérêt propre & celui des Etats étoit de ne pas se â'gutte." &séparer de la France, il parut assez content du dernier projet. 11 de- u?, pag. 116,manda seulement, qu’on ne fit point dépendre la paix avec l’Espagne dela manière dont cette Couronne voudroit en user avec le Portugal, &que les Etats ne fussent obligés de rompre avec l’Espagne , qu’au cas qu’a-près avoir refusé la paix ils attaquassent quelqu’une des Villes qu’on ve-noit de leur prendre. II ajouta , que fi on vouloit donner des assûrancesqu’on n’entreprendroit plus rien dans les Païs-Bas, & qu’on se conten-tât d’y être sur la défensive, ses Maîtres ne trouveroient pas mauvaisqu’en cas de continuation de guerre, 011 poustat ses conquêtes contrel’Espagne par-tout ailleurs.
Les Députés des Villes de Hollande pensoient tous comme le Pen-sionnaire. Tous disoient, qu’étant une sois assûrés que le Roi se conten-teroit de ce qu’il avoit en Flandre, & qu’il ne voulût pas devenir leurvoisin, ils feroient leurs efforts pour porter les autres Villes à rompre
N n 3 con-