DE LOUIS XIV. LIV. XXX.
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Les affaires de l’Eglise occupèrent presqu’autant que les négociationsde la Haïe. Le Cardinal de la Rochefoucault avoit entrepris sous Louistreize de rétablir la discipline dans un grand nombre de Monastères,d’où elle étoit absolument bannie. 11 n’avoit été alors question que desanciens Ordres ; on n’avoit presque pas pensé aux autres, qui avoientdu-moins autant de besoin d’étre redressés. Mr. Talon Avocat-géné-ral, que son zèle contre les abus publics avoit fait consentir d’être Pro-cureur-gétiéral de la Chambre de Justice érigée contre le dernier Surin-tendant des Finances, se chargea de remédier au scandale. Rien deplus fort que le Discours, qu’il fit en cette occasion. II dit, que s’étantappliqué à chercher la cause du désordre qui règnoit dans plusieurs Mo-nastères , il avoit observé que c’étoit dans les Ordres Mandians que lcrelâchement étoit plus grand; que l’esprit de libertinage s’y étoit telle-ment insinué , qu’on ne pouvoit apporter trop de sévérité pour le répri-mer ; que le mal étoit monté à un tel excès, que si l’on n’y apportoit unprompt remède, il étoit à craindre qu’il ne causât quelque funeste ré-volution; que la voie la plus douce étoit de demander des Commissai-res François aux Généraux de ces Ordres, se réservant d’emploïer desremèdes plus puissans, íì ces Commissaires trou voient de la résistance ;qu’il falloir commencer par défendre à ces Religieux de recevoir des No-vices jusqu’à ce que la Réforme eût été établie, & retrancher ensuite cenombre excessif de Mandians qui se nuisoient à eux-mêmes.
Qu e pour les autres espèces de Communautés, qui n’avoient pasmoins besoin de réformation, comme elles n’avoient point de Supérieur-général, il f’alloit supplier le Roi de la procurer. Qu’il y avoit un abusintolérable dans les Monastères de Religieuses, savoir, la liberté qu’el-les se donnent de recevoir de Pargent & de stipuler des constitutionsdotales pour admettre les filles à la profession, quoique ces passionsaient été déclarées illicites & Simoniaques par plusieurs Conciles. Quepour éviter la décadence de ces Maisons, & leur ôter en même tems lemoïen injuste de s’enrichir, il étoit nécessaire de fixer le nombre dontchaque Communauté devoit être composée par rapport à son revenu,dont elle réprésenteroit un état. Que le Prince étant le Protecteur desCanons & de la Discipline , il falloit le supplier d’interposer son autorité,à ce que les Généraux des Mandians envolassent incessamment leur Com-mission à des Religieux François, avec pouvoir de corriger les abus, &régler tout ce qui seroit nécessaire pour la correction des Moines & desMonastères.
Le Parlement prononça conformément à ces conclusions, tant pource qui regardoit les Mandians, que pour ce qui concernoit les dotes desReligieuses, & même leurs pensions viagères. Cet Arrêt fût suivi d’unEdit, par lequel le Roi ordonna le dénombrement des Religieux & Re-ligieuses , & de leurs biens. II écrivit au Pape pour le prier d’envoïerles Généraux des Ordres Mandians, afin de rétablir l’ancienne disci-pline. Le Pontife fit aussitôt partir quatre Commissaires, avec les pouvoirsTome III . O o les
1 66 7*On veut ré-former lesReligieux.MémoiresChronologi-ques Nmatiques.
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