1667 .
On ne peuty réussir.MémoiresChronologi-ques N Dog-matiques.
29S HISTOIRE
les plus amples ; c’est-à-dire, d’exconnnunier, d’interdire les Particu-liers , de supprimer des Couvents, de les unir à d’autres. Ces Re-ligieux présentèrent leur Commission au Roi. Pour leur donner plusd’autorité, Sa Majesté leur accorda des Lettres d’Attache adressantesau Parlement pour les faire enrégistrer. Cette Compagnie jugea à pro-pos de modérer leurs pouvoirs en leur donnant des adjoints, & chargeale Doïen de Notre-Dame de Paris, & le Père Poulard qui avoit étéAbbé de Ste. Geneviève, de les accompagner dans la visite des Mo-nastères. Les Italiens, fiers de leur titre de Commissaires Apostoliques,protestèrent qu’ils s’en retourneroient plûtót à Rome fans rien faire,que de se soumettre à des personnes qui leur étoient inférieures ; ajoutantqu’ils ne céderoient pas même à un Cardinal dans l’exercice de leursfonctions, à moins qu’il ne leur montrât fa Commission.
Le Roi ne voulut pas qu’on rendit inutile ce voïage des Commis-saires , qu’on l’avoit engagé à demander , & dont on espéroit de si grandsavantages; il ordonna que leurs pouvoirs seroient vérifiés purement &simplement. On obéît; ils firent leurs visites. II fallut toute l’autoritéRoïale, pour obliger les Dominicains du Couvent de la rue St. Jacquesà Paris de reconnoître leur Commissaire ; celui des Cordeliers n’eût guè-res moins à souffrir. A cela près, les visites se firent assez tranquille-ment. Les Commissaires reprirent le chemin d’Italie, après avoir fait lesRéglemens qu’ils avoient cru nécessaires. Le spectacle que donnèrent cesCommissaires, qu’on fit promener par toute la France, fût presque Puni-que fruit qu’on retira des Arrêts & des Edits. II fit connoítre le mal fansle guérir. Les nouveaux Réglemens n’étant point soutenus de l’autoritépublique, furent bientôt oubliés. Le Parlement rebuté de l’espèce de vio-lence qu’on lui avoit faite, en lui ordonnant d’enrégistrer purement &simplement la Commission, négligea l’exécution de Ion Arrêt, & fermales yeux sur la hardiesse de ces Communautés, qui, malgré ses défen-ses, allèrent leur train, & reçurent, comme auparavant, tous les sujetsqui se présentèrent.
Ce n’est point les Réglemens, qui manquent aux Religieux. Onpourroit même dire, qu’ils en ont de reste ; c’est la volonté de les ob-server , c’est le défaut de fermeté dans les Supérieurs. Se peut-il faire quela régularité ne soit pas souvent altérée, vû leur multitude, le manqued’application à l’étude, d’áge suffisant pour délibérer mûrement sur un telparti, de goût pour la piété ? La nécessité de se mettre à couvert de l’in-digence & du travail est souvent le principe le plus ordinaire de ce qu’ilsappellent leur vocation, qui ne se soutient pas long - tems, & qui por-te bientôt les fruits malheureux, que ces semences corrompues fontéclorre. Mr. Talon en étoit bien convaincu , puisqu’il avoit requisqu’il fût défendu aux Mandians de recevoir des Novices, jufqu’à ce quela Réforme eût été consommée. C’étoit en effet un moïen tût de don-ner en peu de tems à l’ouvrage toute la perfection , dont il étoit capable,ou de le ruiner absolument, s’il n’étoit pas possible de le rétablir.
L’Edit