DE LOUIS XIV. LIV. XXX. 299
Cette Lettre fût encore plus mal-reçue que la précédente. LeRoi présent, il fût ordonné au Conseil d’Etat qu’elle seroit supprimée, i£63.avec défense à tous Archevêques & Evêques d’y avoir égard. Ce coup , Un Arrêt daqui ruïnoit leurs espérances, en leur failant sentir que peu de leurs Con- Conseillafrères se réfoudroient à déplaire au Roi, engagea leurs amis à prendre î/ààde nouvelles mesures pour les tirer d’affaire. Jamais manœuvre ne fût chromiogi.mieux conduite ; le précis que nous en donnons laissera au Lecteur la & Dog -
liberté d’en juger. musiques faus
Monsieur de Lionne Sécrétaire d’Etat pour les affaires étrangères, o”chercheà qui celle-ci, en particulier, avoit été confiée, fit entendre au Nonce , desvoïesque la Cause des quatre Evêques étoit désormais inséparable de celle Raccommo-des dix-neus qui avoient écrit en leur faveur, & d’un plus grand nombre ^ etU 'encore qui étoient fur le point de se déclarer. L’Archevêque de Sens , * *
dont le suffrage étoit de poids depuis la faveur de Madame de Montes-pan, parla aussi au Nonce, & lui représenta vivement combien il se-roit glorieux à sa Sainteté de pacifier l’Eglise de France; qu’après - touton n’y trouveroit aucune difficulté, pourvû qu’on n’exigeát rien desPrélats qui pût blesser leur conscience ou leur dignité. Le Prélat Italiengoûta d’autant plus ce conseil, que la lenteur des Commissaires à com-mencer les procédures n'en faisoit pas espérer une prompte issue, & quele discours de Mr. de Lionne l’avoit extrêmement intimidé. D’ail-leurs rien ne pouvoit donner plus d’éclat à fa Nonciature qu’un pareilaccommodement.
I l falloit trouver des expédiens qui contentassent Rome, fans tropchagriner les quatre Evêques. L’Archevêque de Sens & Mr. VialartEvêque de Chálons fur Marne , leur étoient dévoués. Le dernier avoitmême écrit au Procureur-général, pour justifier fa conduite & celle des dix-huit Prélats, que le Bref de Rome contenoit des Clauses extraordinai-res, non-seulement contre les Loix Canoniques, mais encore contre l’é-quité naturelle ; & que lui & ses Collègues se seroient crus indignes ducaractère qu’ils tenoient de Jésus-Chriít, s’ils ne se fussent opposés à l’exé-cution de ce Bref. Ce fût avec ces Prélats, personnellement intéressésdans cette Cause, que le Nonce traita d’un accommodement.
Apre's plusieurs conférences on convint, que les quatre Evêques ne On entrou-subiroient aucune peine Canonique pour leur résistance passée ; qu’on ne ve î Ie N° n -les obligeroit pas à révoquer leurs prémiers Mandemens ; qu’ils seroient ^. C ° nfaire une nouvelle souscription du Formulaire par des Procès verbauxqui demeureroient dans leurs Greffes, par lesquels ils déclareraient à leursEcclésiastiques, que l’Eglise ne les obligeoit, pour le fait, qu’à unesoûmiffion de respect & de silence, & qu’ils leur seroient signer le For-mulaire au pied de cette déclaration ; qu’ils écriraient une Lettre au Pa-ae pour lui rendre compte de cette nouvelle signature. On convint dealus , que les conditions de l’accommodement ne se mettraient pointoar écrit; sur-tout, que les Jésuites n’en sauraient rien, non-plus que, 'Archevêque de Paris, qui étoit trop leur ami, pour ne leur pas révé-- Pp - 1er