DE LOUIS XIV. LIV. XXXI. 217
tes. II partit de Paris au commencement de février ; il apprit à Dijon !les prises de Besançon & de Salins. Le dessein avoit été d’abord de s’em-parer de toutes les petites Villes, d’y mettre garnison pour bloquerDole & Grai, les seules Places fortes de ce Païs, & les contraindre kla longue de se rendre par famine ; mais le Prince de Condé manda qu’iltrouvoit les peuples íi épouvantés, & qu’il savoit que ces Villes étoientsi dépourvues de tout , qu’il ófoit assurer, qu’il n’y avoit nul < péril àles attaquer. O11 lui manda qu’on s’en remettoit à fa conduite , & qu’ilen usât comme il le jugeroit à propos.
C e Prince investit Dole ; le Roi arriva au Camp le soir même , dixfévrier. On fit sommer la Ville, avec promesse de conserver ses Pri-vilèges si elle se soûmettoit promptement , & avec menaces de
ne rien épargner si elle entreprenoit de résister. La réponse fût fière &suivie de plus de quatre-vingt volées de canon , feule ressource deceux qui ne savent pas se défendre. La nuit , le Régiment des Gar-des & celui de Lionnois firent trois attaques ; ils emportèrent tous lesdehors. Le Marquis de Villeroi prit une aemi-lune ; le Prince de Condéle suivoit de si près , qu’il arriva aussi-tót que ce Marquis au-travers dufeu des Bastions & de la Courtine. On travailla auslì-tót à la descente dufossé , pour attacher le Mineur au corps de la Place.
La prise des dehors causa une si grande fraïeur , que le Conseil s’assem-bla à l’instant. Les Conseillers , qui , quelques mornens auparavant ,avoient opiné qu’il se falloit enterrer dans les ruines plutôt que dechanger de Maître, tinrent un langage tout différent. Croïant entendre leMineur sous leurs pieds, ils voulurent absolument se rendre, malgré lesremontrances du Gouverneur ; il fallut leur céder. La capitulation fûtsignée le quatrième jour du siège. Louis prit lui-même possession de faconquête ; il reçut les sermens des Magistrats & du Peuple ; il fit don-ner un Arrêt, par lequel il étoit ordonné à toutes les Villes & Châ-teaux de la Province d’ouvrir leurs portes au Roi & de le reconnoîtrepour leur Souverain.
D e s le lendemain Grai fût investi. Beaucoup de Noblesse s’y étoitjettée en résolution de se bien défendre. On la fit inutilement sommer ;peut-être qu’elle eût coûté bien du sang, & qu’il eût fallu l'asiìéger dansles formes, fans un incident qui facilita le succès de cette entreprise.Le Marquis d’Yenne Gouverneur de cette Province , voïant Besançon& Salins pris, & l’impuissance où il étoit de se défendre , s’étoit retirévers la frontière des Suisses, espérant d’en tirer quelque secours. II yenvoïa l’Abbé de Watteville pour leur réprésenter l’intérêt qu’ilsavoient à la prise du Comté , après laquelle ils seroient exposés à lamerci de la France.
En attendant la réponse, il s’enferma dans le Château de joux. II yfût investi par Noisi de Meaupeou nouveau Gouverneur de Salins, quile somma de se rendre ; il apprit en même tems la prise de Dole & lesiège de Grai. Voïant tout désespéré, & qu’il étoit lans ressource, la
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1668.
Quincy, tom.1. pag. r8y-Montglat,tom. 4. pag.
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liiencourt ,tom. 2. pag.268.
Montglat ,tom. 4. pag.;io.