HISTOIRE
1668.tom. 4. pag.
3 °S*
MémoiresJìijtoriques& Chronolo-giques.
Conquête deJa Franche-Comté.Montglat ,tons. 4. pag.307.
Quincy,tom,s. pag. 288.D’Ejirudes ,tom pag.
35 6 .
MémoiresHijioriquesN Ct r,m 0 lo-giques.
„ dit le Marquis de Montglat, car elles furent cause de la restitution„ de la Franche-Comté.
C e t t e Province étoit dans un état pitoïable. Dès que le Marquisd’Yenne, qui en étoit Gouverneur, avoit vû la guerre déclarée, ilavoit écrit à Castel-Rodrigo Gouverneur des Païs-Bas , & lui avoit ré-présenté qu’il n’avoit ni troupes ni argent. Loin d’en recevoir du se-cours , il n’en reçut pas même de réponse ; la Cour de Madrid l’assûraqu’il ne seroit point attaqué , & l’exhorta de faire de íòn mieux en casqu’il le fût. Le pouvoir de ce Gouverneur étoit limité ; il ne pouvoitrien faire que de concert avec l’espèce de Parlement qui étoit à Dole,composé de gens de petite qualité , plus capables de juger des procèsque de gouverner un Etat, ou de soutenir une guerre. 11s rejettèrenttous les mo'ïens de fe fortifier que le Marquis d’Yenne leur proposa ,parce qu’iís eussent coûté de l’argent, & qu’ils ne vouloient ni en don-ner du leur, ni fe servir de celui du Roi d'Espagne provenant des Sa-lines , fous prétexte qu’il falloit le garder pour la nécessité. 11s fe fixè-rent à poursuivre la neutralité. 11s écrivirent à l’Archevêque de Lion ,qui ne voulut pas s’en mêler & les renvoïa à Molié Rélìdent de Franceen Suisse. Celui-ci les amusa, les remettant de jour à autre à l’arrivéedu Prince de Coudé à Dijon.
C e Prince reçut fort bien leurs Députés, leur dit qu’il n’avoit pointd’ordre particulier de fe mêler de cette affaire, & qu’avant que d’y en-trer , il vouloir savoir en quel état étoit la négociation en Suisse. II ydépêcha Chamilli, avec quelques-uns d’eux. Molié répondit , qu’il ve-noit de recevoir ordre de la Cour de ne s’en point mêler, tandis que lePrince seroit à Dijon. En allant & en revenant, Chamilli observa l’étatdes Places où il passa ; il leva même le plan de Salins. A leur retour onleur dit, qu’on avoit écrit au Roi, & qu’on attendoit fa réponse.
T a n d 1 s que les Francs-Comtois fe flattoient de l’efpérance de la neu-tralité , les troupes répandues eu Bourgogne & en Champagne s’assem-blèrent. Le Prince de Coudé les sépara en deux Corps, il en garda un,& donna l’autre à commander au Duc de Luxembourg. Dès le quatrefévrier, ces deux Armées pénétrèrent dans la Franche-Comté par deuxendroits. Le Prince de Coudé fe présenta devant Besançon. C’est une as-sez grande Ville ; elle étoit dégarnie de tout ; les Bourgeois étoient seulsà se défendre ; on les somma de se rendre ; la crainte du pillage leur permit àpeine de délibérer, ils se soûmirentsans faire ni traité, ni capitulation.
L e Duc de Luxembourg investit Salins en même tems, & fit sommerles Forts qui étoient fur la hauteur. Ceux qui les gardoient témoignè-rent d’abord quelque envie de se défendre, mais dès qu’ils virent les En-fans-perdus détachés pour les attaquer , ils se rendirent, sans avoir nientendu , ni vû le canon ; les Forts & la Ville furent pris le six février,le même jour que Besançon.
L’ a m o uucìe la gloire, & son humeur martiale , ne permirent pas àLouis de rester tranquille, tandis que ses Généraux feroient des conquê-tes.