DE LOUIS XIV. LIY. XXXII. 3s i
Tous ces préparatifs renouvellèrent les inquiétudes , que la paixd’Aix la Chapelle avoit calmées. L'Ambassadeur d’Efpagne , lansantagoniste à la Haïe depuis que le Comte d’Estrades en étoitparti, n’eût pas de peine à engager les Etats à prendre des résolutionsplus favorables encore à fa Cour , que celles qu’ils avoient déjà prises;& le Pensionnaire , à qui le refus d’entrer dans les propositions qu’ilavoit faites, avoit découvert les dispositions de la France, l’aida detout son pouvoir. Dès le septième mai , l’Angleterre , la Suède , lesEtats-Généraux s’engagèrent à garantir tous les Etats de Sa MajestéCatholique contre queìqu’aggresseur que ce pût être.
O n y difoit, qu’étant entrés ensemble Tannée précédente dans un „concert & une liaison étroite, tant pour aider à faire finir par leur „intervention la guerre qui s’étoit allumée entre les deux Couronnes „voisines, & particulièrement dans les Provinces des Païs-Bas de Po- „béïssance du Roi d’Efpagne , que pour garantir aussi, le plus forte- „ment & efficacément que faire fe pourroit, la paix , qui par la bé- „nédiction Divine s’en étoit ensuivie si promptement , qu’elle avoit „été conclue dès le second jour de mai de la même année, ils persé- „véroient encore dans leurs bons & pacifiques desseins. „
E t voulant appuie r efficacément, continiioit-on, l’intention loua- „ble & Chrétienne de rendre cette paix durable, ils ont accordé & con- „senti, à la réquisition du Roi Catholique, & promis irrévocablement „en la manière la plus forte & la plus solemnelle, de garantir ledit „traité; & par conséquent en cas qu’il arrive, cequ’àDieu ne plaise, „que le Roi très-Chrêtien vienne un jour à manquer à Pexécution ou „observation ponctuelle de ce que par lui ou de sa part a été promis, „& principalement si au préjudice & par infraction au prémier Arti- „cle , il vient attaquer ou incommoder à forces d’armes, ou par voies „de fait, fous quelque prétexte que ce ' soit , aucun des Roïaumes , „Etats, pars ou sujets du Roi Catholique ; en tel cas inespéré & im- „prévu, ils joindront leurs forces par mer & par terre, & les feront „agir avec la dernière vigueur , non-feulement pour aider à s’oppo- „fer à ladite attaque ou trouble, & pour la détourner ; mais aussi „pour faire duëment réparer la contravention qui aura été faite ; & „en cas que ladite attaque fe fit en des quartiers éloignés, enforte que „la distance & autres inconvéniens les puissent- empêcher de faire „fur le lieu la défense nécessaire , qu’alors ils tâcheront de tout leurpouvoir d’obliger Paggresseur à fe désister de son entreprise, en em- „ploïant toutes leurs forces où ils pourront le plus sensiblement Pin- „commodes. Et lefdites Puissances Confédérées entreront aussi-tôt , „après telle aggression, ou insulte, dans un concert particulier avec Pat- „taqué, fur les moïens & les forces qu’ils devront emploïer pour la „défense de la Cause commune “.
C e traité se fit de la part de la Suède, sous condition expresse qu’onlui païeroit les quatre-vingt mille Risdalers qui lui avoient .été promis
Tannée
I66A.
La triplé Al-liance s'en-gage à ladéfense desEspagnols.
Corps Diplo -matique,tom.7 . part, 1 .pag. 107 .
Le Clerc,tom.5 . pag, 244 .Bajhage ,Annales desProvinces-Unies.
Qaincy, tonu1 . pag. 29 ;.
La Suède fefait chère-ment paier»