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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXII. zs§

on passa un défilé fort près de l’ennemi ; à la prémière pointe du jour —'— > » > »« >on fe trouva à portée de l’attaquer ; on le fit avec tout l’ordre &tou- 1669.te la méthode possible. On commença par forcer deux redoutes c\ui Quincy, íom,étoient à la tête de ce quartier. L’avant-garde , commandée par Mr. de *• 297-

Dampierre, fit cette expédition avec beaucoup de vigueur, & paflà aufil de l’épée tout ce qui lui fit résistance. Au même tems on attaqua leslignes. Les Régimens de Lorraine & de St. Vallier y entrèrent & s’ymirent en bataille ; d’autres troupes insultèrent la queue de la tranchée,fe rendirent maîtres du canon & de tous les travaux. Les Turcs pous-sés de tous côtés se retirèrent sur une montagne voisine , plusieurs sejettèrent dans la mer, & un plus grand nombre prit la fuite.

Il y avoit plus de deux heures que les François étoient maîtres de Un accidentce quartier, lorsqu’un accident leur fit perdre tous leurs avantages. Le i a déconcer-feu prit aux poudres d’une batterie des ennemis ; on crut être fur un ter- te.rein miné ; le désordre , & Pépouvante se mirent dans les troupes. LesTurcs qui s’étoient retirés fur la montagne s’en apperçurent, & voïantvenir à leur secours plus de vingt Bannières du côté de St. André, ilsreprirent cœur & attaquèrent à leur tour. Le Duc de Navailles & lesOfficiers-généraux firent tout ce qu’on pouvoit attendre de leur expé-rience ; leurs exemples , leurs commandemens ne furent ni suivis niexécutés, il fallut penser à la retraite.

D’ux autre côté, le Duc de Beaufort aïant vú les prémiers succès, vou- p a g. ,93.lut avoir part à la victoire, qu’il croioit assûrée. Loutre Perdre, qui dé-fend à un Amiral de sortir de dessus fa Flotte que le feu n’y soit, il mitpied à terre suivi de quelques troupes, pour aller joindre le Duc de Navail-les ; il tomba dans un gros de Turcs, il y périt, de même que le fils uniquedu Maréchal de Fabert, fans qu’on ait jamais su ce que leurs corpsétoient devenus. L’Ecrivain de la Vie du Marquis de Montbrun assure Pagtque la tête du Duc de Beaufort fût envoïée à Constantinople , &qu’elle fût portée trois jours consécutifs par les rues , comme unepreuve de la victoire des Ottomans. Ce fait ne peut paroítre pro-bable , puisque, s’il étoit constant, personne ne Pauroit ignoré en France.

L L Duc de Navailles resta à Candie environ deux mois. 11 n’y fût t es troupespoint inutile ; ses troupes par quantité d’actions vigoureuses rétablirent Francises feleur réputation , presque flétrie par leur retraite précipitée & par la rembar -terreur panique qui en avoit été la cause ; sans leur résolution & fansl’habileté de leur Chef, qui avoit pensé à faire certains retranchemens, p ag . 371. 'cette Ville auroit été plus d’une fois emportée d’assaut. Voïant que Quîmy, tom.les Turcs gagnoient toûjours du terrein ; que quelque monde qu’on î 00 *leur eût tué dans les fréquentes sorties, ils réparoient facilement leurspertes ; voïant en un mot que la prise de cette Place étoit inévitable,il s’embarqua le vingtième d’août pour retourner en France. De huitmille hommes qu’il avoit eu fous lès ordres, il n’en restoit que deuxmille cinq cens. Cette grande diminution étoit une preuve bien sensi-ble qu’ils ne s’étoient pas épargnés , & peut-être , comme on le leur re-prochent.