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Tome troisieme.
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1 669 .

Quincy , tom.ì-pag. ;oz.MémoiresHistoriquesb Chronolo-giques.Montbrun ,Ì7Ì>

Corps Diplo-matique,tom.7. Part. 1.$ag, u 9.

Testament deÇolberé , pag.

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prochoit, elles ne s’étoient que trop liazardées. „ Ce Général, dit„ TAuteur du Testament de Colbert, fût mal reçu à son retour &ren-„ voie à son Commandement de la Rochelle ; parce que, ajoute cet Ecri-„ vain , il est difficile de fe justifier à la Cour , sur-tout quand on a un„ Ministre à dos, & que bailleurs on n’est pas agréable aux Dames

L a Ville assiégée fe rendit peu de jours après le départ des troupesFrançoifes, quoiqu’elles eussent été remplacées par le Duc de la Miran-dole à la tête de deux mille hommes d’infanterie. Le Marquis de Mont-brun ne vouloit point entendre parler de fe rendre. 11 aimoit mieux ,difoit-il, s’enterffer sous les ruines. Morosini , qui vouloit vivre , &qui n’avoit pas une fi grande réputation de bravoure à soutenir, arborale Drapeau blanc fans la participation du Marquis. La Capitulation fûtdes plus honorables. Les principaux articles furent ; qu’il y auroit en-tre la République & les Turcs une suspension d’armes de trente ans ;que ceux-ci abandonneroient aux Vénitiens Cîissa & quelques autresPlaces de Dalmatie , pour servir de retraite aux habitans de Candie quivoudroient abandonner l’Isle ; que la République feroit déchargée duTribut annuel qu’elle païoit au Grand-Seigneur pour Tinés & Cerigo ;que la garnison emmeneroit cent & vingt gros canons, cent quarantemédiocres, & huit mortiers.

Le Grand Vizir Achmet Coprogli n’accorda des conditions si favo-rables , que parce qu’il avoit les raisons les plus fortes de retournerpromptement à Constantinople. Tout y étoit dans le trouble , & ses en-nemis profitoient de son absence & de la lenteur de sa conquête pour leruiner dans l’efprit du Sultan. Ce prémier Ministre, contre la coûtu-rae de la Porte , avoit succédé le sept mars de l’année précédente à Co-progli son père mort à Andrinople ; quoique jeune encore, il avoit detrès grandes qualités & il fût auffi utile à ses Maîtres que l’avoit étéson père. II exécuta de bonne-foi la Capitulation de Candie , accordamême quatre jours au-delà des huit dont on étoit convenu pour Pévacua-tion de la Ville, & quand Morosini & Montbrun partirent, il leur fitprésent de huit pièces de gros canon , pour honorer, difoit-il, leur va-leur & leur conduite.

C e siège est le plus mémorable de ce siècle & du précédent. II n'en estpoint où il fe soit passé des actions plus chaudes & plus vigoureuses ;soit qu’on considère fa longueur & le nombre des gens qui y périrent j011 trouvera qu’il n’en est point qu’on puisse lui comparer. Les affié-geans y perdirent près de six-vingt mille hommes, & les assiégés au-moins trente-huit mille. L’unique moïen de sauver cette Place eût été,que les Princes, qui s’intéressèrent à son fort, eussent pû y faire passertout d’un coup les secours qu’ils y envolèrent en détail; mais leurs af-faires & leurs jalousies ne leur permettant pas de fe réunir pour faireensemble quelque grand effort, ce fût à pure perte qu’ils prodiguèrentle sang de leurs sujets & de quantité de leur plus brave Noblesse. IIfembloit qu’ils ne cherchoient que la gloire non de sauver cette Place,mais de paroîtrç avoir voulu le faire. L r