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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1 66^’

Mort d’Hen-riette deFranceVeuve deCharles pre-mier Roid’Angleterre;son Eloge.MémoiresiìijìoriquesChronolo-giques .

les Chambres, établies apparemment selon leurs ordres secrets, les ap-puïoient. L’argent étoit Tunique voïe d’échapper à ces vexations. Un.Gentilhomme pauvre qui conlervoit fa Noblesse étoit une espèce deprodige , & acqueroit par-là un titre incontestable. Ces Partisans, quin’avoient d’autre vûë que de retirer, avec le plus de profit qu’il leur i'e-roit possible, les avances qu’ils avoient faites , persécutoient les Gentils-hommes pauvres , & substitùoient des Roturiers à leur place, pourvuqu’ils leur païassent chèrement leur privilège de faire déclarer Noblesqui bon leur sembloit. C’étoit un abus, qui ne se devoit absolumentpas souffrir, & qui étoit capable d’aliéner du Souverain les cœurs de laNoblesse. Elle avoit lieu de se plaindre de cette persécution qu’elle souf-frait , laquelle ne paroissoit point-du-tout se faire pour la délivrer deceux qui la déshonoraient, ainsi qu’elle en étoit le prétexte.

L a mort enleva cette année Marie Henriette de France, Reine dela Grande - Brétagne ; elle mourut à Colommiers, le huit de septembre,âgée de soixante ans, dégoûtée de la Cour, & peut-être chagrine dela mésintelligence qui règnoit entre sa fille & le Duc d’Orléans son ne-veu. C’étoit là qu’elle s’étoit retirée & qu’elle s’étoit fait une espèce desolitude pour se consacrer à la piété & aux bonnes-œuvres. Cette Prin-cesse avoit toujours fait paraître un grand attachement à fa Religion ,& un courage invincible dans les malheurs de Charles prémier son E-poux , qu’elle aima toujours aussi tendrement qu’elle en étoit aimée.Pour lui conserver la Couronne & la vie , elle fit bien au-delà de cequ’on pouvoit attendre de la foiblesse de son sexe. On la vit passer lamer dans la plus grande rigueur de Thiver pour aller en Hollande luichercher des armes & des munitions, dont il manquoit en Angleterre,& lui conduire elle-même ces secours , malgré les plus horribles tempê-tes & le danger prefqu’évident de tomber entre les mains des Parlemen-taires , qui ne cherchoient qu’à la faire périr. Sur le point d’étre assié-gée dans Exceller, quoiqu’il n’y eût que douze jours qu’elle fût ac-couchée, elle s’embarqua pour se réfugier en France. Elle n’y trouvani les secours, ni les égards qu’elle avoit espérés, & qui lui étoientdûs par tant de titres. Elle eût la douleur de voir ses deux •fils congé-diés & abandonnés par complaisance pour Cromwel, dont on avoit ap-prouvé l’usurpation en le reconnoissant pour Protecteur de sa Républiqueimaginaire. La consolation qu’elle eût enfin de voir son fils fur le trô-ne, ne lui fit point prendre le parti de retourner en Angleterre. Elle ai-ma mieux vivre & mourir simple Particulière dans fa patrie , que derevoir la Salle de Westminster , où le Roi son mari avoit comparu com-me criminel, & la Place de Witehal, où il avoit été exécuté. Elle fûttoûjours bonne , douce, affable, familière , agréable , libérale , magnifi-que ; jamais personne de son rang n’a été aussi affligée ; mais aussi ja-mais personne n’a sû si bien mettre à profit ses afflictions.

JFiîì de la première partie du Livre trente-deuxième.

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