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L e Grand-Seigneur justement offensé des grands secours qu’on avoitenvoïés à la République , envoïa un Chiaoux pour s’en plaindre, com- j 55^.me d’une infraction à l’Alliance qui étoit entre les deux Empires. LeTestament Politique de Colbert remarque , que Louis quatorze avoit Testament detrop de courage pour suivre l’exemple de quelques-uns de ses prédéces- Colbert , pag.seurs, qui avoient souffert que les Sultans leur fissent faire des compli- ***•mens fâcheux, & qu’il avoit fermé la bouche à cet Envoie du momentqu’il avoit voulu parler plus haut qu’il ne devoit. II est vrai que cetEnvoie eût son Audience le cinq de décembre ; mais personne n’a ditqu’on eût été obligé de lui imposer silence. D’ailleurs qui font lesRois qui ont souffert que les Ambassadeurs de la Porte leur aient man-qué de respect ?
I l y avoit, ce semble, une autre réflexion à faire ; c’est qu’à la veil-le d’avoir sur les bras toutes les forces de la Maison d’Autriche , qui,fans s’oublier elle-même , ne pouvoit manquer de s’oppofer aux desseinsqu’on méditoit, on ménageoit íì peu les Turcs , dont on pouvoit tirerde grands secours. Mais on préféroit la gloire à toute autre considéra-tion ; peut-être étoit-ce un vrai zèle pour la Religion qui animoit , àmoins qu’on ne voulût exercer ses troupes , sur-tout ses vaisseaux ,
& faire croire qu’on ne penfoit point à faire la guerre à ses voisins ,puisqu’on la faifoit si loin. Ce qui est de certain, c’est qu’on préparoitun nouveau secours plus puissant que le prémier, lorsqu’on apprit queles Vénitiens avoient fait la paix.
L es plaisirs, le grand nombre de troupes qu’on avoit fur pied, les Dépensesexpéditions éloignées à quoi on les emploïoit , les bâtimens du Louvre excessives ,& de Versailles, le grand nombre de vaisseaux qu’on faifoit construire , augmenta-les fortifications des Places de Flandre , confumoient des sommes im- tiond’im-menfes ; fans compter celles qu’on avoit répandues en Pologne , & p ts 'qu’on distribùoit dans les Cours étrangères pour regagner les Alliés qu’onavoit perdu par trop d’œconomie. Colbert chargé d’y fournir imaginoitchaque jour de nouveaux moïens pour remplir les Coffres de l’Epargne,c’est-à-dire, pour y faire venir l’argent des Particuliers. Le dix-feptd’avril, le Roi tint au Parlement son Lit de Justice, pour y faire enré-gistrer plusieurs Edits de cette espèce. Le Duc d’Orléans, le Prince deCoudé en portèrent d’autres , l’un à la Chambre des Comptes, l’autre àla Cour des Aides.
Le plus singulier & le plus odieux , sur-tout par la manière dont lb.il fût exécuté , concernoit la recherche de la Noblesse , ou , si l’onveut , la réforme des faux Nobles. II est bien étonnant que l’Auteurdes Fastes ait prétendu en faire un titre de gloire. L’année précédenteon avoit établi des Chambres particulières pour faire cette réforme. .
Comme le but étoit d’avoir de l’argent, on mit cette affaire en parti. PPresque toute la Noblesse fût inquiétée. La notoriété publique fût comp-tée pour rien ; les Partisans vouloient des titres ; les plus authentiques,les plus clairs ne l’étoient point assez à leur gré ; ils les contestoient ;
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