1 670 .
On gagne leRoi d’Angle-terre.
Montpenster ,tom. 6. pag.61.
Testament deColbert, pag.
aç7.
Montpenper ,tom. 6. pag.62.
I\loïens donton se sert.RaptnTboy ras ,Histoired’Angleterre,tom. 9.
De Larrey,tom. 1. pag.^ 9 -
Testament deColbert , pag.L? 7-
Ì66 _ HISTOIRE
assujetti les Pais d’Etats, ou-bien ónlesa contraints de le racheter. Outrel’argent qu’il tire, il est encore extrêmement à charge & odieux , parl’obligation qu’il impose de faire connoître à fonds la situation & ses af-faires les plus cachées à des gens, dont la probité & la discrétion ne sontrien moins qu’assûrées.
L’e s s e n t 1 ë l étoit de fe faire des Alliés, & d’ôter à la Hollande ceuxqu’elle s’étoit attachés. La négociation avec le Roi de la Grande-Ërétagne avançoit peu malgré les foins & l’habileté du Comte de Ru-vigni , connu depuis fous le nom de Comte de Gallowai. On résolutque la Duchesse d’Orléans iroit trouver le Roi son frère , ne doutant pasqu’elle ne réussit à le déterminer. Le secret fút inviolablement observé,même à l’égard du Duc d’Orléans. Pour empêcher que ce voïage neparût prémédité , la Cour fit un voïage en Flandre, fous prétexte d’exa-miner les travaux & les fortifications qu’on avoit ordonné d’y faire.Ce voïage fe fit avec grand appareil ; on fit même marcher une Ar-mée , dont on donna le Commandement au Comte de Lauzun. L’Es-pagne, la Hollande en furent allarmées ; on les fit assurer qu’on n’a-voit aucun dessein. On alla à Douai, à Courtrai , à Tournai, à Lille.Ce fût de cette Ville que la Duchesse d’Orléans partit, pour aller Rem-barquer à Dunkerque & de-là fe rendre à Douvres, où le Roi sonfrère lui avoit mandé qu’il l’attendoit ; la conjurant de profiter du voisi-nage pour lui donner le plaisir de l’embrasser.
Le Duc d’Orléans voulut s’oppofer à cette innocente satisfaction ;on lui dit qu’on vouloit absolument ce voïage ; il fallut céder. CettePrincesse partit avec une vraie joïe. Pendant toute la route , depuis St.Germain jufqu’à Lille, elle avoit été extrêmement triste, & les discoursde son Epoux n’étoient guères propres à la réjouir. Une fois entr’au-tres il lui dit, qu’on lui avoit prédit qu’il auroit plusieurs femmes, &qu’en l’état où elle étoit, il avoit raison d’y ajouter foi. A l’occasionde son départ pour Douvres , il en parla avec tout l’emportement pos-sible. „ Au-contraire, dit Mademoiselle de Montpensier, qui rappor-„ te ces traits si peu dignes d’un Prince, elle avoit la considération du„ Roi parce qu’elle avoit du mérite, & qu’elle négocioit des affaires„ avec son frère & le Roi. “.
La Duchesse d’Orléans, pour assûrer, dit-on, le succès de fa négo-ciation , mena avec elle une fort-belle fille nommée Mademoiselle deKerouël , qui avoit fait ce qu’elle avoit pû pour plaire à son Souverain ,& qui n’aïant pû y réussir consentit à entreprendre la conquête du Roid’Angleterre , qui avoit un grand foible pour les belles personnes. Elledonna en effet dans la vûë de ce Prince , & appuïa adroitement lespropositions de la Duchesse d’Orléans, attachant au contentement qu’ildonneroit à cette Princesse l’amour qu’elle fe sentoit pour lui. A cettecondition, elle lui promit de repasser en Angleterre aussi-tôt qu’elle au-roit accompagné Madame pendant son retour en France. Ce Prince sa-crifia les Hollandois à fa nouvelle passion ; il renonça à la triple Allian-ce,