DE LOUIS XIV. L IV. XXXII. 36 7
ce , & commença dès-lors à prendre des mesures pour abaisser cette »— »- » > ««,République. On peut juger que ce moïen fût soutenu par d’autres, d u- 1070.moins aussi efficaces, & qu’on n’épargna pas l’argent pour gagner ceuxqui avoient la confiance de Charles second & du Duc d’Yorck.
Madame revint d’Angleterre avec toute la satisfaction que pouvoit Mort de ladonner un voïage causé par Pamitié & suivi d’un succès heureux dans duchesseles affaires. Son Epoux n’alla point au-devant d’elle ; il empêcha mê-me le Roi d’y aller , qui s’en abstint pour ne pas Pirriter davantage, \ 0 m.
Elle ne fût qu’un jour à St. Germain où étoit la Cour , parce que le 74.
Roi alla à Versailles, où Monsieur ne voulut pas le suivre, pour cha- La Fayette,grinerson Epouse. II la mena à St. Cloud le vingt-quatre juin, huit st ejours après son retour d’Angleterre. Dès qu’elle y fût elle se plaignit Mr. jirihtg.d’un mal de côté & d’une douleur dans Peítomac à laquelle elle étoit tan , líid.sujette. II faisoit extrêmement chaud ; elle voulut se baigner dans la J 99 *Seine, & le fit malgré son Médecin. Le Dimanche, vingt-neuf, aprèsavoir dîné à son ordinaire , elle s’endormit, comme elle íàiíbit assezsouvent; pendant son sommeil elle changea íì considérablement , sonvisage devint si mauvais qu’on en fût surpris. Après son réveil, ellese promena quelque tems dans un Salon , elle but un verre d’eau dechicorée qu’elle avoit demandée. A Pinstant qu’elle l’eût bû, elle sentitles plus violentes douleurs, elle rougit , elle pâlit ; on la prit fous lesbras , elle murchoit à peine toute courbée, on la mit au lit ; dès qu’el-le y fût, elle dit qu’elle souffroit des douleurs inconcevables , qu’elle al-loit mourir & qu’on lui fît venir un Confesseur.
LeDuc d’Orléans étoit présent. Elle Pembrassa, & lui dit avec Elle ditdouceur & un air capable d’attendrir les coeurs les plus barbares ; He- q u ’ on ‘’ a ,las ! Monjìeur ) vous ne ns aimez plus ) il y a long tems ; mais cela est injuste , ja~mais je ne vous ai manqué. Elle continua de lé plaindre , & dit enfin qu el- t om . 6 .$ag. 'le étoit empoisonnée, qu’elle le sentoit bien ; elle demanda du contrepoi- 74 -son. Ste. Foy prémier Valet de Chambre de Monsieur, lui apportade la poudre de vipère ; elle lui dit qu’elle la prenoit de fa main parcequ’elle se fioit à lui ; elle répéta souvent qu’elle étoit empoisonnée ®arda sa mort comme inévitable.
Cette nouvelle, portée à Versailles, y jetta la consternation. Le Roi, Sa ma,adiela Reine , Mademoiselle de Montpensier montèrent promptement en " e e hcur§s?carosse ,* ils furent témoins de ses douleurs , de l’embaras des Médecins,qui déclarèrent que le mal étoit fans remède. Sur cette déclaration ,on retourna à Versailles, après avoir donné à la mourante & reçu d’el-le toutes les marques d’une véritable tendresse. Ses maux augmentèrentà un point , qu’elle assûra qu’elle se seroit tuée elle-même pour s’en dé-livrer , íì elle n’eût pas été Chrétienne. Malgré Pexcès de ses souffran-ces , elle fit une Confession générale & entra dans les sentimens qu’onvoulut lui inspirer. Elle mourut le dernier de juin entre deux & troisheures du matin , âgée de vingt-six ans, fans regretter la vie & fanstémoigner aucun ressentiment contre ceux qu’elle croioit les auteurs de
fa cruelle destinée. Lé
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