HISTOIRE
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„ Monsieur se saisit de toutes ses clefs & de son Cabinet. Je n’écris
1670. présentement, disoit-il dans une autre Lettre, que pour rendre comp-
jujìoire de „ te à vôtre Grandeur, d’une chose , que je crois que vous savez dé-Henríette M jà ; c’est que l’on a permis au Chevalier de Lorraine de venir à la
d Angleterre, » ç our A Je scryir à l’Armée en qualité de Maréchal de Camp. Si
„ Madame a été empoisonnée, comme la plus grande partie du monde„ lecroit, toute la France le regarde comme son empoisonneur, & s’é-„ tonne avec raison que le Roi de France ait si peu de considération„ pour le Roi nôtre Maître, que de lui permettre de revenir à la Cour,„ vû la manière insolente dont il en a toujours usé envers cette Prin-„ cesse pendant fa vie “. Le Testament Politique de Colbert dit ,qu’un accident si subit fit soupçonner à bien des gens qu’il n’étoit pasnaturel ; que ces soupçons se trouvant plausibles, à cause que certainesgens, à qui Monsieur donnoit beaucoup d'accès auprès de fa personne,avoient toujours travaillé à les brouiller, on fit tout ce qu’on pût pours’en éclaircir ; que l’ouverture du corps se fit en présence de l’Ambaísadeurd’Angleterre; & il ajoute, que quoiqu’ils tournassent les entrailles detous côtés, & qu’ils ne reconnussent rien, à ce qii’ils âisoient , de ce qu’onsoupçonnoit, ils eurent bien de la peine à convaincre la postérité de lavérité de leur rapport.
Incertitude à C’e s t en effet, à elle à en juger. Pour qu’elle le fasse plus sûrement ,cet égard. on joindra à tout ce qu’on a dit le portrait de ce Prince, sur qui les soup-Henriette çons ne pouvoient manquer de tomber âpres tout ce qui s etoit pâlie;d’Angleterre, il l’en décharge absolument. ,, Ses inclinations , dit Madame de la$ag. û. Fayette , étoient aussi conformes aux occupations des femmes que
„ celles du Roi son frère en étoient éloignées. II étoit beau & bien-3 , fait, mais d’une beauté & d’une taille plus convenable à une Prin-„ cesse qu’à un Prince. Aussi songeoit-il plus à faire admirer fa beau-,, té à tout le monde qu’à s’en srevir pour se faire aimer des femmes ,„ quoiqu’il fût continuellement avec elles ; son amour-propre sembloit„ ne le rendre capable que Rattachement pour lui-même. Naturelle-„ ment doux, bienfaisant & civil, il étoit capable d’être prévenu, &„ si susceptible d’impressions, que les personnes qui l’approchoient pou-„ voient quasi répondre de s’en rendre maîtres en le prenant par son„ foible. La jalousie dominoit en lui ; mais cette jalousie le faisoit souffrir„ plus que personne, la douceur de son humeur le rendant incapable des„ actions violentes, que la grandeur de son rang auroit pû lui permettre “.Conduite Cette mort inquiéta extrêmement & causa une vraïe affliction. On
modérée du p er d 0 ít une Princesse qu’on regardoit comme le nœud de l’Alliance avecterre en cettê f Angleterre , sans laquelle on auroit peut-être abandonné l’exécution desdestèins qu’on avoit si fort à cœur ; au-lieu de secours , on pouvoitcraindre une vengeance, que les soupçons répandus donnoient quelquesorte de droit de poursuivre. Par bonheur , on se laissa persuader à laCour de Londres par les Procès verbaux de l’inspection du corps, &beaucoup plus par la circonstance des négociations, qui ne permettoient
pas
occasion.