772
HISTOIRE
1 ( 570 .
On s’emparede la Lorrai-ne. Pourquoi.
Vie du Buede Lorraine ,Pag. 168.MémoiresHistoriquesU Chronolo-giques.
On justifiecette expédi-tion.
Ouincy, tom,ÎTpag. ;o;>Vie du Ducde Lorraine ,pag. 169.
vellèrent auífi celui de la triple Alliance, le quatre de mai. Ils avaientmême trouvé rumen de mettre garnison dans Cologne, ne doutant pointque ce ne fut par ce côté-là que la France pénétrerait dans leur Païs.Ils ne se trompaient pas ; mais on vint à bout de rendre leur précautioninutile ; on s’ouvrit de ses desseins à l’Electeur de Cologne ; on pro-mit de lui remettre Rhimberg , qu’il prétendait lui appartenir, & dontla République s’étoit emparée , je ne sai sous quel prétexte. L’Elec-teur tout-à-fait gagné par Pespérance de cette restitution, sut st bienménager les habitans de Cologne , que la garnison Hollandaise fût obli-gée de se retirer.
LeDuc de Lorraine, qui ne pouvoit être tranquille, négocioit aulïìavec les Provinces-Unies. II avoit envoie à la Haïe le Sieur de Riíau-court un de ses Maîtres de Requêtes , apparemment pour être admisdans la triple Alliance ; il avoit auffi levé des troupes , sous prétexted'assister PÈmpereur contre les Mécontens de Hongrie , qui avaient prisles armes. De plus, le Sieur Choisi, Intendant dans le Païs Messin,aïant établi un Bureau fur la Frontière, où l’on fit païer une Douaneextraordinaire pour quelques bardes ou meubles qui venaient au Duc,ce Prince fit arrêter toutes les Marchandises de France qui passaientpar ses Etats ; il fit abbatre des poteaux où étaient les Armes deFrance, marqu'es de fa jurisdiction, dont il ne voulait pas convenir.Dans ce tems-là même on travaillait par ses ordres à mettre prompte-ment Chatté & Epinal en état de défense. On sut d’ailleurs qu’ilfaisait des levées en Allemagne, & qu’il y entretenait des Régimens,qu’il avoit fait semblant de licentier pour satisfaire aux traités.
Outre son inquiétude naturelle, qui le portoit à entrer dans toutesles affaires où il voïoit jour de pouvoir nuire à la France , il étaitalors animé d’un nouveau motif. On avoit tâché dé retirer son Ne-veu des mains de PEmpereur. II se figura qu’on n’avoit formé ce des-sein que pour le tenir en bride , & peut-être pour le déposséder ; surcette crainte, réelle ou chimérique, il avoit fait les démarches insoute-nables dont on vient de parler.
Il n’en fallait pas tant pour déterminer Louis quatorze à le mettrehors d’état de lui nuire , en s’aísûrant de ses Etats & même de fapersonne, s’il était possible. L’Armée qui Pavait accompagné en Flan-dre semblait avoir été formée à ce dessein. On la partagea en deux ; unepartie , sous les ordtes du Maréchal de Créqui, s’avança vers la Lorraine ;l’autre eût ordre de marcher vers Sédan, pour s’opposer aux secours quipouvaient venir de la Flandre Espagnole , & peut-être de Hollande.
Tandis que ces troupes marchaient, on crut devoir prendre la pré-caution d’écrire à la Diète de Ratisbonne , pour lui apprendre queles infidélités du Duc de Lorraine , ses contraventions aux traités ,ses négociations préjudiciables au repos de la France , avaient obli-gé de faire entrer le Maréchal de Créqui dans ses Etats , dans lavûë de le contraindre à trois choses absolument nécessaires pour la
tran-