1670.
Hon amouraugmente.Montpexjìer,îont, (i, j mg.
?r.
Elle refused’épouser leDuc d’Or-léans.
Ibid. pag. 79.
Elle se décla-re enfin à sonAmant.
Jè. png. roi.
Elle deman-de au Roi lapermissionde se marier.1b. pag. 116.
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qu’il avoit faite apparemment sans la souhaiter, plus il craignit les suitesqu’elle pourroit avoir ; toujours il se tint dans les ternies du respect leplus profond. Excepté qu’on ne lui dit pas , je vous aime, on fit &on dit beaucoup plus qu’il n’en falloit pour le persuader qu’il étoit aimé.II prit tout sur le ton de confiance, & ne voulut jamais appercevoir l’amour,bien moins encore en montrer. Consulté par cette Princesse sur sesdesseins, qui le r égard oient, il parla toujours en homme désintéressé &qui ne s’appercevoit pas de ce qu’elle vouloit qu’il connût, & feignoitquelque affaire pour interrompre la conversation lorsqu’il sentoit que ladéclaration alloit venir.
Ces manières, loin de diminuer l’amour de la Princesse, furentune nouvelle raison de l’estimer d’avantage. „ Je raisonnois fur fa con-„ duite , dit-elle, & au-lieu de la blâmer je la trouvois très sage, per-„ suadée qu’il ne se pouvoit pas faire qu’il ne connût l’amitié que j’a-„ vois pour lui ; & je voïois que les doutes qu’il m’en vouloit témoi-„ gner étoient des marques de son profond respect. Outre cela, je„ croiois qu’il raifonnoit en lui-même, que si je venois à changer &„ que l’affaire eût éclaté, elle me feroit de l’embaras de lui à moi,„ & qu’ainsi il vouloit que je fusse toûjours libre. J’avouë que cette„ forte de soûmission & cette manière de prévoïance, quoiqu’inutiles„ par rapport à l’état où jetois pour lui, ne laissoient pas de me faires, sentir qu’il étoit Tunique personne au monde qui n’auroit pas voulu3, m’engager. Je lui en savois gré, & j’augmentois d’eítime & de con-w sidération pour lui; je le regardois comme le plus extraordinaire„ homme que j’eusse connu, & qui étoit le plus digne de l’honneur„ que je lui voulois faire £t .
Eprise plus que jamais, elle étoit résolue de découvrir son desseinau Roi & de lui demander la permission de l’exécuter. La mort de Ma-dame, survenue dans ce tems-là méme, l’arrêta. On lui proposa le maria-ge de Monsieur ; cette proposition fût pour elle un coup de foudre. Toutetremblante elle répondit au Roi, qu’elle n’auroit point d’autre volontéque la sienne ; elle s’enhardit ensuite & fit connoître ses répugnances,non pas pour le mariage en général, mais pour celui-là en particulier.
Ce danger échappé, la Princesse se fit enfin connoître. Au-lieu dedire au Comte de Lauzun, c’est vous que j’ai choisi pour faire le bon-heur de ma vie, elle le lui écrivit. II fit encore quelque tems le person-nage d’incrédule ; il se rendit enfin, & se soûmit à sa bonne fortune.Mademoiselle écrivit au Roi à-peu-près en ces termes.
„ Vôtre Majesté fera surprise de la grâce que je veux lui deman-á, der, d'approuver que je me marie. Je me trouve, Sire, pourl’hon-„ neur que j’ai d’être vôtre Cousine germaine, tellement au-dessus de tout„ le monde, qu’il me semble que je n’aïe rien à désirer que ce que je„ suis. Lorsqu’on se marie à des étrangers, on 11e connoít ni l’humeur,„ ni le mérite des gens avec qui on doit passer fa vie ; ainsi il est diffi-» este de pouvoir se promettre une condition heureuse. La mienne l’est
beau-