DE LOUIS XI Y. LIV. 'XXXII. -387
de ses sujets, & inquiéter, quand il le voudroit, celui des Hollandais& des Anglois.
De s que ce Prince eût acheté Dunkerque des Anglois , on trouvade fi grands défauts dans les fortifications, qu’on résolut de les refairepresqu’entièrement. En mille six cent soixante - cinq , on commença parle Château & on refit tous les dehors. Ce travail fût continué les annéessuivantes , & celle-ci on y emploïa jufqu’à trente mille hommes. II n’estpas concevable quelles dépenses on y fit & combien il y eût d’ouvragesélevés du côté de la mer & du côté de la terre. On rasa plusieurs Dunesqui dominaient la Place, & dont les sables étaient transportés par lesvents dans les canaux & dans les sosies. Pour rétablir le Port, on cou-pa un banc de fable de cinq ou six cent toises, qui en fermait l’entrée.Au-lieu du Canal de Mardick, que les sables comblaient, on en fit unnouveau, par où en tout tems pouvaient entrer & sortir des vaisseauxde soixante pièces de canon. Ce Canal était soútenu par deux jettéesqui s’avançoient fort-loin dans la mer , & dont les approches étaient dé-fendues par deux Risbans, ou Forts de maçonnerie , garnis d’une quan-tité prodigieuse de canons. On creusa au pied des murs de la Villeun bassin , où trente vaisseaux de guerre pouvaient être continuellementà fiat. Inexpérience a fait voir depuis , qu’à beaucoup moins de fraixon aurait pú faire quelque chose de meilleur à Mardick.
Cet établissement était trop beau pour qu’on n’en fît pas le sujetd’une Médaille. On en frappa une , qui réprésente le Plan exact de Dun-kerque. f Cette Ville, sous la figure d’une femme couronnée de tours,paraît admirer ce Plan ; elle tient une Ancre & un Gouvernail. La Lé-gende , Freti Gallici Decus et Securitas, & l’Exergue,Duxkerca m unit a et ampliata, signifient, que les nouveauxtravaux faits à cette Place , Vont rendue Vornement Vi sûreté du DétroitFrançois.
Cette dernière expression , par laquelle on attribuait à la Francela propriété & par conséquent la souveraineté de la Manche, choquaitdirectement la prétention des Anglois. II est étonnant qu’ils ne s’ensoient pas formalisés ; d’autant plus qu’à la Paix de Breda, il y avait eufur cet article des disputes assez vives, & qu’on était convenu , qu’enparlant de ce Détroit on se servirait d’un terme générique, qui laistat lesprétentions indécises.
Pour seconder ces préparatifs formidables, on chercha de nouvel-les Alliances. Le vingt-trois d’octobre, on signa à Cologne un traité avecErnest Auguste Duc de Brunswick & Evêque d’Osnabrug ; les conventionsétaient que,
I. L e Duc s’engageoit à observer une exacte neutralité contre le Roi,& quelqu’autre Prince & Etat que ce pût être contre qui Sa Majesté eûtguerre , & de n’entrer en aucun parti ou ligue qui fût directement ou in-directement contraire à ses intérêts.
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1.67 í.
Fortifica-tions deDunkerque.'
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Remarquefur cetteMédaille.
DifférensTraités.Corps Diplo-matique ,tom. 7 , Part.1 . pag. 150 ,