DE LOUIS XIV. LIV. XXXII. 393
liance qu’il venoit de contracter avec la Maison Roïale par le mariagede sa sœur avec le Duc d’Orléans, ne fût pas long-tems fidèle, Iln'y 16JI.
eût que la Suède qui parut soutenir ses engagemens ; mais ce fût fi fai-blement , qu’on auroit pû croire que cette Couronne n’avoit en vûëque d’épuilèr son Allié, par les grands subsides qu’elle en tiroit. II étoitnaturel de prévoir ces changemens, & les Hollandois étoient bien fon-dés à croire qu’on ne s’attireroit pas toute PEurope pour avoir le plaisirde les humilier. On ne fit pourtant point ces réflexions ; on ne pensa qu’àse satisfaire, fans faire attention qu’on alloit allumer dans PEurope unfeu qui ne s’éteindroit de long-tems.
Sur le relus que fit Mademoiselle de Montpensier d’épouser le Duc Mange à ^d’Orléans, on avoit jetté les yeux fur Elizabeth Charlotte Princesse Palati- Duc â'Oklé-ne, fille de l’Electeur Palatin. L’obítacle de la Religion fût bien-tótle- fluide l’E-
vé ; la Princesse promit de fe faire instruire & d’embrasser la Religion lecteur Paía-
Catholique, en aïant, dit-on, obtenu le consentement de quelques Mi- ànistres Luthériens, qui lui avoient assûré que son changement ne seroitpoint un obstacle à son salut. Ce mariage se fit le seize novembre. 32J ‘ ' pa& 'Charlotte dès la veille avoit abjuré le Luthéranisme à Metz, entre lesmains de PEvêque.
L e contract de mariage avoit été signé à Strasbourg , le prémier de Contract de
novembre, & à Paris le six du même mois. II s’en falloit bien que ce Mariage-
second mariage fût aussi avantageux que le prémier. „ L’Electeur Fa- „ mJtLueftom.latin, selon l’usage de sa Maison, dit le contract , donnoit pour dote „ 7. ?à'i.à la Princesse sa fille trente-deux mille florins d’Allemagne , c’est-à- „ içi.dire soixante - quatre mille livres , partie en bagues & joyaux „partie en argent. Elle devoit être autorisée par son futur Epoux à „renoncer , comme elle renonçoit dès-lors, à tous droits successifs fur „tous les biens souverains & féodaux , paternels & maternels, situés en „
Allemagne , se réservant seulement ses droits fur les biens de même ,»qualité situés hors de l’Allemagne, & les Allodiaux de fa Masson “.
Cette dote. íuffiíbit à peine pour les fraixde la noce. „ Le Duc ,>d’Orléans, pour la ‘singulière affection qu’il portoit à fa future Epou- „se , devoit lui donner pour cent cinquante mille francs de pierreries , „ 'bagues & joïaux , à condition pourtant, que si la Princesse mouroit „avant lui fans laisser d’enfans , le présent lui reviendroit, ou à ses „héritiers. En cas qu’il mourût avant elle, outre ce présent il lui „assignoit à prendre sur tous lès biens quarante mille livres de rente „pour son Douaire , & pour fa demeure le Château de Montargis , „meublé comme il convenoit à fa qualité “.
Cette somme si modique de trente-deux mille florins , qu’on devoitpaïer dans un an, ne fût délivrée que le vingt-quatre de novembremille six cent quatre-vingt , treize ans accomplis après le mariage ; en-core fallut-il , pour la toucher , renouveller la renonciation , & assi-gner pour la sûreté de ces soixante-quatre mille livres la Terre de Beau-genci, achetée du Maréchal de la Ferté soixante & seize mille écus.
Tome III. Ddd Cette
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