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HISTOIRE
Cette Princesse n’étoit pas belle ; mais elle avoit un excellent1671 . caractère, beaucoup de fagellb , une vraie piété, fans jamais donnerCaractère de le moindre ligne qu’elle regrettât la Religion à laquelle elle avoit re-cette Frin. noncé à l’occasion de son mariage. Peu-à-peu elle fe mit au-dessus desce e ‘ Favoris & des Mignons, & vint à bout de s’en délivrer, du-moins deles mettre hors d’état de troubler son repos, comme ils avoient fait ce-lui d’Henriette d’Angleterre.
Avanture fin. Peu de tems avant ce mariage, il étoit arrivé une terrible avanturePrincesse de 3 c ^ ez ^ r ’ nce de Condé. Madame son épouse avoit toujours été mépriséeCondé. ete depuis la mort du Cardinal de Richelieu. Les mauvais traitemens avoientMontpmsier , encore redoublé depuis le mariage du Duc d’Enguien son fils ; elle étoittom. &,pag. réduite à ne voir personne; sa Belle-fille faisoit & recevoit tous lesl8<5 ‘ honneurs de 1 Hôtel de Condé. Un nommé D u val, qui avoit été son
Valet de pied, à qui elle avoit accoutumé de faire quelque largesse, en-tra dans fa chambre & lui demanda de l’argent. Cette demande fût ac-compagnée de manières qui firent croire qu’il vouloir en prendre ous’en faire donner. Un Gentilhomme qui fortoit d’ètre Page du Ducd’Enguien fe trouva présent, & maltraita le Valet de pied ; ils mirentl’épée à la main l’un contre l’autre ; la Princesse voulut les séparer, el-le reçut un coup d’épée. On accourut au bruit ; les combattans fe sau-vèrent , le Valet de pied fût pris & condamné aux Galères. Ce Pro-cès fût instruit si fecrettemeut, qu’on n’a jamais fû de quoi il étoit ques-tion ; mais il ne feroit pas difficile de le déviner. Auffi-tôt que la Prin-cesse fût guérie , elle fût conduite à Châteauroux petite Ville du Berry ;on l’y tint en prison très-long-tems ; elle eût ensuite la liberté de fepromener dans la cour , mais toujours gardée à vûë. On accusa le Ducd’Enguien d’avoir conseillé au Prince son père le traitement que l’onfit à Madame sa mère ; il étoit bkn-aise , à ce qu’on difoit, ct avoir trou-lb. pag. 1 87* vé un prétexte de la mettre dam im lieu, où elle fît moins de dépense quedans le monde.
C’es t Mademoiselle de Montpensier qui rapporte cette avanture, si peuhonorable à ces deux Princes. Peut-être a-t’elle un peu exagéré , pi-quée comme elle étoit que le Prince de Condé, quoiqu’elle lui eût sau-vé la vie à la journée de St. Antoine, fe fût opposé le plus hautementà son inclination pour le Comte de Lauzun. Elle raconte encore un au-lb. pag. 200 . t re trait. La Cour suivit le Roi dans le voïage de Flandre ; elle sé-journa à Chantilli, où il arriva un accident tragique. Un Maître d’Hô-tel qui avoit paru & qui étoit en réputation d’être un homme très sa-ge , se tua, parce que Mr. le Prince s’étoit fâché de ce qu’un servi-ce n’étoit pas arrivé à tems pour le souper du Roi. Cette narrationíi simple fait entendre, que la colère du Prince avoit été extrême ;car enfin un homme sage ne se tuë point pour une réprimandé modérée.M t d Du à u-m 1 l 1 e u des succès dont on fe fìattoit d’avance , après avoir vû lassAnjou,se^ C bonté de ses troupes & la force de ses Places, on éprouva une douleurcond fils'de des plus sensibles. Le Duc d’Anjou , qui ne faisoit presque que de naître,francs. mou-
Accidenttragique àChantilli.