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Tome troisieme.
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HISTOIRE

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hommes dans leur propre Païs , & donné les ordres pour équiper1672. une Flotte si puissante, qu’à peine celles de France & d’Angleterrepurent régaler. Effraies pourtant de ne trouver ni amis ni Alliés ,ils firent tout ce qui dépendoit d’eux pour conjurer la tempête ; ils tâ-chèrent de séparer s Angleterre de la France ; ils changèrent même deton avec Louis quatorze & lui écrivirent une Lettre fort foûmiie; toutfût inutile.

Ses divisions Pour comble de malheur ils étoient divisés; deux factions puissantesintestines. j es partageoient. Le Pensionnaire de Wit, & son frère Corneille qui?. pag. axa. avoient rendu de grands íervxces a fa patrie, etoient entierement oppo-Basnage. fés au Prince d’Orange. En mille six cent soixante-fept ils avoient faitporter un Edit perpétuel, pour le soutien de la liberté & pour la con-servation de l’unité & du repos de la Province de Hollande & deWest-HeuviBe,tom. frise. II y étoit réglé, que la Charge de Stadhouder ne seroit jamaispJrfi i-ìoz* conférée à personne. Tous les Magistrats après avoir signé cet Edit ,pag. i2.° a ' obligèrent le jeune Prince d’Orange à jurer, que non-seulement il negujncy , tom. brigueroit pas, mais que jamais il n’accepteroit cette Charge , pour1. pag. jij. quelque raison que ce pût être. Si les de Wit n’avoient pas été filsd’un des huit Citoïens que le feu Prince d’Orange avoit fait enfermerdans le Château de Louvestein, on auroit pû croire que le seul amourdu bien public les portoit à abaisser cette Maison ; mais outre cette cir-constance , ils avoient fait paroître bien de la passion en différentes oc-casions , & avoient donné lieu de les accuser qu’à la vengeance ils joi-gnoient l’ambition.

Par leurs conseils, fur-tout par ceux du Pensionnaire , on avoit usé àl’égard du jeune Prince de beaucoup de dureté. On lui avoit ôté tous sesDomestiques, jufqu’à son Gouverneur , qu’il aimoit tendrement. Déjàplein d’efprit & de sagesse , il avoit recherché l'amitié du Pensionnaire,jufqu’à lui dire qu’il ne vouloir dépendre que de lui & qu’il le conjuroitde lui tenir lieu de père. II avoit même essaie d’engager l’Ambassadeurde France à entrer dans ses vues ; tout avoit été inutile ; le Pensionnai-re avoit continué de 1 e persécuter, & l’Edit perpétuel, dont on vientde parler, étoit son ouvrage. Le moïen le plus sûr, & peut-être Puni-que de faire observer l’Edit, eût été de se tenir uni avec la France ;niais cette Couronne mettoit son amitié à si haut prix ; elle montroitavoir des desseins si vastes , qu’il crut devoir s’en détacher, & mêmechercher de f appui contr’elle. D'ailleurs le peu de secours que la Ré-publique avoit reçu de la Flotte Françoise contre l’Angleterre , avoit aliénéles peuples, & changé en haine & en défiance l’ertime qu’íls faifoientde cette Alliance ; l’invaiìon de la Flandre avoit achevé de les indisposer.Le Clerc tom E e parti du Prince d’Orange étoit composé de gens attachés depuisî. pag. 262. ' long-tems à fa Maison ; de ceux qui portoient envie à la grande auto-rité que le mérite du Pensionnaire lui avoit acquis ; il avoit encore pourlui tous ceux qui efpéroient de trouver leur avantage dans un Gouver-nement qui approcheroit du Monarchique. D’abord ses partisans & lui-

même