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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXIII.

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même regardèrent le serment qu’on lui avoit fait faire, comme on re-gardoit en France les renonciations qu’avoient fait l’Infante d’EspagneMarie Thérèse d’Autriche, avant que d’épouser Fouis quatorze. Surce principe, ils profitèrent de toutes les circonstances ; ils appuïèrent lescabales de l'Espagne & de l’Angleterre ; & comme ils ne pouvoient espé-rer le changement qu’ils souhaitoient qu’à la faveur d’une guerre, ils fo-mentèrent l’infolence parmi le peuple, & firent servir la fierté du Gou-vernement à animer la France contre leur propre païs ; se flattant qu’avecleurs Alliés & leurs richesses la guerre ne pourroit qu’être avantageuse àleurs desseins, fans exposer la patrie.

La guerre étant inévitable, il fallut penser à nommer un Général.On répandit parmi les peuples que dans les conjonctures la Républiqueavoit besoin d’un Chef, dont le nom portât coup dans les païs étrangers ;que de Wit, malgré tout son mérite, n’y avoit pas une grande influen-ce ; qu’il n’en étoit pas de même du Prince d’Orange ; que les grandesactions de ses pères parloient pour lui ; qu’il étoit proche parent de laplupart des Princes d’Allemagne , ce qui procurerait leurs Alliances ; qu’ilétoit neveu du Roi d’Angleterre , qu’il en étoit aimé, & que cette ami-tié pourroit produire quelque changement favorable. Ces discours n’eu-rent qu’une partie de fesse t qu’on avoit prétendu. Le Prince fût nom-mé Général, d’abord par la Province de Hollande , dont l’exemplefût aussitôt suivi par les Etats-Généraux. De Wit n’aïant pû l’empé-cher parut y consentir, & se borna à faire observer son Edit perpé-tuel , & à restraindre le plus qu’il lui ferait possible l’autorité du nou-veau Général.

I l domina à l’ordinaire, & ce fût fur ces avis que se formèrent les ré-solutions. On munit toutes les Places de la frontière menacée ; on en aug-menta les garnisons ; on marqua le lieu où l’Armée se retrancherait pourempêcher l’ennemi de pénétrer ; on nomma des Députés, fans l’avis des-quels le Général ne pourroit rien entreprendre ; on hâta l’armement desvaisseaux ; on s’appliqua sur-tout à encourager les peuples, à diminuerleur fraïeur, & dans cette situation on parut attendre tranquillement àquoi aboutirait cette horrible tempête, qu’on n’avoit entrepris de dé-tourner que lorsqu’elle étoit prête d’éclater.

Avant que de rapporter la suite de ces préparatifs, & de cesdispositions des Ilollandois, nous nous arrêterons un moment fur cequi lé passa en France avant que la guerre fût déclarée , & que lesArmées fussent entrées en action. Le Chancelier Séguier mourut letrois de février, après avoir rempli ce poste éminent pendant trente-neuf années. C’étoit un homme de mérite , tous les gens de Let-tres s’étoient accordés à lui en donner beaucoup. II ne faut pas s’enétonner, il étoit leur Protecteur. Ce qui est de vrai, c’est qu’il étoitfort habile dans son Emploi & qu’il avoit un grand goût pour la belleLittérature. II étoit pourtant peu estimé à la Courde-là vient qu’onl’avoit balotté,lui ôtant les sceaux, les lui rendant- & ce fût peut-êtreTome III. Eee pour

1672.

Le Princed’Orange estdéclaré Gé-néral.

Le Clerc,tma.

pag. 262.Basnage.MémoiresHdiociqi.es& Chronolo-gique».Burnet , His-toire d’An-gleterre, tom.1. pag. 647.

De Wit sesoutient en-core quelqueteins.

Le Clerc , ïb.

Mort duChancelierSéguier, Pro-tecteur del’icadétnieFranqoise.Hijloire del'AcadémieFrançoise pard'Olivet,tom.2. en 13. Edi-tion de Parts17 ìo, pag.i;.