DE LOUIS LIV. LIV. XXXIII. 407
Au-c oktraire, la déclaration duRoi de la Grande-Brétagneétoit "■ ..
longue & raisonnée, on pourroit dire même artificieuse; elle étoit faite 11572.pour piquer le peuple & l’aigrir, afin d’en tirer les secours dont il avoitbesoin, & savoir de son côté contre plusieurs Seigneurs & grand nom-bre des plus notables Citoïens, qui n’approuvoient ni fa grande unionavec la. France, ni son entreprise contre les Hollandois.
Ce Prince proteítoit, qu’il avoit toujours eu une forte inclination La différen-pour la paix, & que fa conduite avoit été telle, qu’il ne doutoit pas qu’on ^ e ie de leurne lui fît la justice de croire , que c’étoit une nécessité inévitable qui lui [, e clerc tomiàilòit prendre les armes. II réprésentoit, que son prémier soin après p«g.’a 6 ç'son rétablissement avoit été de cimenter une ferme paix avec les Etats-Généraux , & qu’il l’avoit faite à des conditions st raisonnables, qu’el-les n’auroient assurément jamais été violées, si quelque obligation eûtété capable de les contenir dans les bornes de l’amitié & de la justice.
II faisoit ressouvenir que c’étoit par les plaintes universelles de ses sujets& par la voix unanime des deux Chambres, qu’il avoit fait la guerre enmille six cent soixante-cinq, après avoir inutilement emploïé tous lesmoïens possibles pour obtenir de cet Etat une satisfaction raisonnable.
Leurs pertes, ajoutoit-il, & nos victoires dévoient leur avoir appris ,»qu’il leur falloit à l’avenir observer & entretenir ponctuellement leurs „
Alliances ; mais au-lieu de cela, la paix ne fût pas plûtôt conclue, ,»que selon leur coûtume ordinaire ils violèrent le traité & traversé- „rent nôtre Commerce. ,»
Par un article du traité de Breda, ils étoient obligés d’envoïer „ Cor P/ T>ty?o-des Commissaires à Londres, pour régler le Commerce des Indes. „ T ai p^. e t ,t0> 1 >> 'Ce n’a été qu’après plus de trois ans, que nous avons eu quelque „ pag. j$j.satisfaction à cet égard. „
En vertu de ce même traité, nous leur avons rendu Surinam. ,,
Us étoient obligés de permettre à nos sujets de se transporter avec leurs „effets en quelques autres de nos Peuplades ; ils les ont retenus & les ,»retiennent encore, quelques instances que nous aïç>ns pû faire. Mais „il ne faut pas s’étonner qu’ils vexent nos sujets dans des lieux éloignés, „puisqu’ils en agissent si inconsidérément en leur propre pars contre „nôtre personne Roïale ; n’y aïant presque point de Ville dans toute „l’étenduë de leur jurisdiction qui ne soit remplie de peintures offen- ,»çantes, de Médailles, ou de Monumens faux, dont quelques-uns ,,ont été mis en montre par Tordre de T Etat, dans le tems que nous ,»consultions avec eux pour former la triple Alliance & affermir le re- „pos de la Chrétienté. Cela seul étoit digne de nôtre mécontentement ; „mais nous sommes poussés par d’autres considérations que par cellesqui nous regardent nous-mêmes ; c’eít la conservation de nôtre Com- „merce, d’où dépend le bonheur & la prospérité de nôtre peuple, & „la hardiesse que les Hollandois ont euë de nous faire affront presque „dans nôtre propre terroir. ,,