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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1 * 573 -

MúmiresHijìotiquesb Chronolo-gique!.itaiscns decette Décla-ration.BaJhage,tom,a. pag. 244.

ìbid. pag,439 -

Ibid.

‘MercureUoUandois,1673. pag.463 .

Basiiage ,\bid.

D e plus, les ravages que le Marquis de Rochefort faisoit dans l’Elec-torat de Trêves, aliénèrent les esprits des Allemans & disposèrent la'Diè-te de Ratisbonne à entrer dans les sentimens de PEmpereur. L’Elec-teur de Trêves irrité au dernier point de la désolation de ses Etats,' avoit réprésenté que les François vivoient dans son Diocèze comme dansun païs ennemi; qu’il avoit été obligé de se retirer de sa Capitale ; que tousses sujets étoient ruinés par les contributions excessives qu’on exigeoitd’eux ; que la plupart des villages étoient brûlés, & que hors d’état de íèdéfendre il avoit besoin d’un prompt secours. L’Empereur fit en mêmetems réprésenter à la Diète de Ratisbonne, que ni lui ni l’Empire ne pou-voient plus se dispenser de faire la guerre à la France après les actesd’hoítilité qu’elle avoit fait contr’eux, en prenant des Places, démolis-sant les unes, fortifiant les autres , établissant íès troupes en quartierd’hiver & exigeant des contributions pour leur subsistance. La Dièteémue de ces réprésentations ne fe déclara pas tout-à-fait contre la Fran-ce ; mais presque tous ceux qui la compofoient fe déterminèrent à lefaire lorsqu’ils le pourroient fans s’exposer. Du reste , 011 ne chicana plusfur le passage des troupes que f Empereur devoit envoler fur le Rhin,& il fût arrêté qu’on leur fourniroit des vivres & les autres secours dontelles auroient besoin.

Cette Armée se mit en marche à peu près dans le même tems qu’ona coûtume de prendre des quartiers d’hiver. Elle étoit de trente millehommes, fous les ordres du Comte de Montécucuìli & du Duc deBournonville. La revue s’en fit à Egra avec encore plus d’ostentationque de magnificence. Cette cérémonie militaire avoit été précédéed’une cérémonie religieuse. Léopold alla à Notre-Dame de Zell, cé-lèbre par le grand nombre de miracles qui s’y faisoient. Cet acte depiété avoit pour objet l’affistance divine, dans les guerres aussi dangereu-ses que celles qu’il avoit à foûtenir contre la France & contre ses sujetsde Hongrie ; & d’obtenir une Epousé vertueuse & féconde pour affer-mir la succession de l’Empire dans fa Maison. II prit un Crucifix, lebaisa plusieurs fois, & prononça une espèce d’Oraison , dont on répan-dit par-tout des copies, lesquelles contiennent une vraie satyre contrela France. On y dit que ce n’étoit point l’ambition qui animoit ; qu’onne vouloit point étendre les limites de ses Etats ; qu’on n’envoïoitpoint ses soldats pour faire des conquêtes, mais uniquement pour dé-fendre son bien justement acquis.

Cette Oraison fût appuïée d’un Manifeste. Léopold déclaroit,qu’iln’avoit aucune vûë de diviser & d’abaisser les Princes de l’Empire;mais qu’en qualité de garant des traités de "Westphalie & d’Aix-la-Cha-pelle que les François avoient violés , il fe propoibit de les empêcherd’entrer plus avant dans l’Empire, & d’arrêter des progrès dont toutel’Europe appréhendoit les fuites. II ajoutoit encore , qu’il avoit cruque fa modération infpireroit des pensées de paix ; qu’il étoit prêt deposer les armes si la France vouloit y entendre; mais que les condi-_ rions