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Tome troisieme.
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HISTOIRE

1674 -

'MémoiresllijioriquvSb Chronolo-giques.

+ Voïez leK°. LXXIX.

Basnage,tom.2. pag- S rg.

Le Princed’Orange as-siège Oude-narde, sansprécaution.Ibid.

combats violens, étoient hors d’état d’en soutenir un troisième ; quel’Avant-garde & le Corps de bataille se réuniroient pour l’arréter, quele tems qu’il lui saudroit pour faire venir des troupes fraîches, donneroità son ennemi celui de se reconnoître & de s’établir dans quelque bonposte ; sur-tout il ne devoit pas après avoir vû la bonté de celui qu’ilavoit choisi, entreprendre de l’y forcer, malgré les réprésentationsde ses principaux Officiers. Avec un peu plus de modération, par legrand nombre de prisonniers qu’il avoit faits, par la prise de la plusgrande partie des bagages, ses troupes n’aïant presque point souffert,devenu presqu’égal à Pennemi, il lui eût fait perdre Pair de supérioritéqu’il parut avoir jusques vers la fin de la Campagne. Mais la modéra-tion n’étoit pas la vertu de ce Prince. Les obstacles irritoient fa valeur ;il sembloit dédaigner une victoire facile ; son goût étoit d’entrepren-dre ce qui paroiíìbit impossible. On a pû remarquer que toutes lesvictoires qu’il a remportées, excepté la prémière qui fût celle deRocroi, ont presque coûté autant de sang à la France qu’à ses ennemis.

O n pourroit ajouter, que ce Général fit encore une faute bienconsidérable. En poussant son ennemi jusqu’au village le Fays, il s’é-toit éloigné de son camp de près de trois lieues. II l’avoit dégarni parles troupes qu’il en avoit fait venir pour continuer son entreprise. Sion eût suivi le conseil du Général Sporck, qui vouloit aller attaquer cecamp avec cinq ou six mille chevaux, n’y-a-t’il pas toutes sortes d’ap-parences qu’il y auroit mis le désordre & la confusion, & qu’il s’en se-roit peut-être emparé?

On ne laissa pas de célébrer cette sanglante victoire par une Mé-daille. f La Victoire tenant d’une main une Couronne de laurier, del’autre un étendart, vole sur un amas d’armes. La Légende, C je s is autcaptis Hostibm decem millibus, signis relatis cen-tum septem, & PExergue, Pugna ad Seneffam, veulent dire,qu'à la Bataille de Senejf les ennemis perdirent dix mille hommes tués ou faitsprisonniers , cent B 5 sept drapeaux.

La perte à-peu-près égale que les deux Armées avoient soufferte,dans la sanglante journée dont on vient de voir le détail, avoit conser-vé aux Alliés la grande supériorité du nombre, qu’ils avoient au com-mencement de la Campagne. Le Prince d’Orange fit tout ce qu’il pût pouren venir encore aux mains ; mais le Prince de Coudé se posta toújours fiavantageusement, qu’on n’ôsa l’attaquer. II se contenta dobserver Pen-nemi , de l’empêcher de pénétrer en France , ce qui avoit été son prémierdessein, de conserver les Villes de Flandre, & de se tenir à portée dedonner du secours à celles qu’on voudroit attaquer.

Le Général Hollandois, qui avoit presque persuadé aux Etats-Géné-raux qu’il avoit gagné la bataille de Seneff, vouloit faire quelque siègepour achever de les en convaincre. Peu d’accord avec le Comte deSouches & le Marquis de Monterei, il eût beaucoup de peine à les yengager. 11 fallut qu’il en vint jusqu'à les menacer de se séparer

.d’eux