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& des épuisements si grands , qu’il de-vint incapable de la moindre applica-tion. Né pour faire d’importantes dé-couvertes dans tous les genres de lit-térature, il fe trouva réduit à ne pou-voir réciter l’office divin. Ses supérieurslui procurèrent tous les remedes quela charité & le désir de ne pas voirinutile un sujet de son mérite, purentleur suggérer. On eut beau l’envoyerdans les abbayes voisines de Saint-Ni-caise, de Saint-Thierri & de Saint-Bâlepour y prendre Pair, le mal n’en de-vint que plus opiniâtre. Les supérieursembarrassés Penvoyerent au monastèrede Nogent-fous-Couci, afin qu’il pûts’occuper uniquement du foin de réta-blir fa santé. Là, malgré Paccablementoìi il étoit réduit, il faisoit voir songoût décidé pour l’antiquité. Il fouillalong-temps pour découvrir le tombeaude Guibert, le plus célébré abbé deNogent, mais ce fut fans succès.
De cette abbaye on le sit passer danscelle de Corbie. Le prieur, touché deson état, Lc persuadé qu’un peu d’exer-cice & de dissipation contribueroit plusau rétablissement de fa santé qu’unevie entièrement défoccupée, le nom-ma portier, ensuite dépositaire, & en-fin cellérier. Ces emplois contraires àson attrait pour l’étude & la solitude,ne lui plurent qu’autant qu’ils lui four-nirent Poccasion de faire du bien auxpauvres. II fut promu au sacerdoce, le27 Mars, veille de Pâques de Pan1660. II continua à pratiquer les mê-mes exercices d’humilité & de charitéqu’il pratiquoit avant qu’il fut revêtude cet auguste caractère. II employa
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son peu de santé à s’en rendre digne,en Rappliquant aux exercices spirituels& à la lecture des bons livres. Son pen-chant le portoit à visiter souvent labibliothèque, oàil trouvoit encore desrestes précieux de ces anciens manus-crits, qui ont rendu autrefois l’abbayede Corbie si célébré. En lisant la viede l’abbé St. Adelard, écrite par St.Gérard, cellérier du même monastère,il conçut une vive espérance d’être dé-livré du mal dont il étoit affligé depuissi long-temps. A l’exemple de St. Gé-rard qui avoit été guéri d’une maladietoute semblable à Ta sienne, en invo-quant St. Adelard, le pere Mabilloneut recours à ce saint abbé, & la con-fiance que Dieu lui donna en ses mé-rites , lui fit espérer qu’il ne rejetteroitpas ses prières {a): » En effet , s’iî ne» fut pas guéri fur le champ, comme il» étoit arrivé à St. Gérard, les suites» n’en furent pas moins favorables.» Car depuis ce temps-là Dieu donna» la bénédiction aux remedes , 6 c les» douleurs dont il avoit été si long-» temps affligé diminuèrent considéra-» blement, lui laissèrent quelque liberté» de s’apphquer jufqu’à ce qu’elles fu-» rent enfin entièrement dissipées «.
Les supérieurs voyant fa santé réta-blie , Penvoyerent à Saint Denys-en-France, où il se rendit vers le mois deJuillet en 1663. II fit le voyage à pied,& pour ne pas coucher hors du monas-tère, il sit 17 lieues le jour qu’il arrivaà Saint-Denys, portant lui-même dansun sac toutes les petites bardes quiétoient à son usage. II passa une annéeentiere dans cette abbaye à montrer
(<*) Abrégé de la vie de D. Maillon, pag. 34»Tomt II.
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