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flexions fur la différence qu’il y avoitentre la vie des religieux de Saint-De-nys , tels qu’ils étoient alors, & cellecfe vrais disciples de St. Benoit, & femira à Verdun au monastère de Saint-VanneSjOÙ il prit l’habit de la réfor-me , que Dom Didier de La - Cour yavoit établie dès l’an 1600. D. Ménardy passa le temps de son noviciat dansles exercices de l’oraifon & de la péni-tence. Il y fit profession le cinq Août1614 , âgé de 29 ans.
Peu de temps après , les supérieursle chargèrent d’enfeigner la théologieà ses jeunes confrères ; mais l’obéissan-ce qui l’avoit obligé à commencer cecours, le lui fit quitter pour passer enFrance avec d'autres religieux de facongrégation, & pour y faire revivrePefprit de St. Benoit. On le mit d’abordau college de Cluny, où il enseigna larhétorique pendant 16 ans avec un sigrand applaudissement , que les plushabiles professeurs d’éloquence s’appro-prioient les fchoíies qu'il dictoit furplusieurs anciens auteurs. íl y fut aussisupérieur des religieux réformés qui ré-sidoient au college. Les leçons qu’ildonnoit n’étoient pas seulement despréceptes d’éloquence ; c’étoient encoredes leçons de vertu, de modestie & depiété. Dieu donna une si grande béné-diction à ses travaux, que plusieurs deses disciples embrassèrent la vie reli-gieuse, d’autres enseignèrent la philo-sophie ; d’autres, la théologie; d’autresenfin s’appliquerent à la prédication.
Devenu infirme il exposa, lui-même,l’état de sa santé dépérissante à ses supé-rieurs , lesquels, touchés de fa langueur,
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l’appellerent dans l’abbaye de Saint-Germain - des - Prés, où, dégagé desfoins d’une classe, il fe donna tout en-tier à la pratique des exercices réguliers.'Ce qui lui restoit de temps, il l’em-ployoit à la lecture des saints perea,de$ conciles, de i’histoire ecclésiastique& des meilleurs auteurs. II remarquoittous les endroits qui pouvoient donnerquelque nouvelle lumière au public. IIavoit une mémoire si prodigieuse, qu’iln’oublioit rien de ce qu’il avoit lu zc’est pourquoi il ne faifoit jamais derecueil de fes lectures. Lorfqu’il avoitBesoin d’un passage, ou d’une autorité ,il fe souvenoit parfaitement du chapi-tre &c de la page de fauteur où ifl’avoit lu , fans s’y tromper , quelquelong temps qu’il y eût qu’il en eût faitla lecture. Le célèbre pere Sirmond,qui l’estimoit, en étoit si persuadé,‘que ».lorfqu’il étoit en peine d’un passage, ilil difòit qu’il avoit plutôt feit d’allertrouver D. Ménard, que defe donner lapeine de tant chercher, & jamais il nele confultoit inutilement : » Ce pere» Ménard, dit (a) M. Baillet, avoit une» grande connoiffance de l’antiquité» ecclésiastique & monastique , & on» le mettoit au nombre des bons cri-» tiques du fiecle «.
Tous ses talents ne firent qu’augmen-ter le mérite de son humilité : elle écla-toit dans fa conversation , dans fes ac-tions , dans fa maniéré de vivre : elleétoit toujours accompagnée d’une can-deur & d’une simplicité charmante.Tout le monde le refpectoit, & il fecroyoit le dernier des hommes. Un cha-cun lui demandoit conseil, S 1 il alloit
'{*) Jugements des fiants., édit,, de 1742., in;^tome II, pag. 44j.
Tome II, ' H h