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Tome second.
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242. M E N

Sc lui demander ses lumières pour laconduite de fa vie. On auroit voulului témoigner par quelque marque ex-térieure l’estime que l’on faifoit de sonsavoir & de sa vertu : lui, au contraire,cherchoit tout ce qu’il y avoit de plusvil, Sc ne voyoit rien, quelque bas Schumiliant qu’il pût être, qu’il ne regar-dât comme au dessus de lui. Quoiquevéritablement très-savant, on ne le vitjamais faire ostentation d’érudition. Untrès-petit nombre de livres ornoit facellule, Sc dès qu’il en avoit fait l’usagequ’il se proposoit,il les reportoit à labibliothèque. II auroit appréhendé, enles retenant plus long temps, de fairetort au public, Sc de nuire à quelqueautre qui en auroit peut-être fait unmeilleur usage que lui. Ce bas senti-ment de lui - même se manifestoit sur-tout lorfqu’il étoit obligé, dans sesécrits, de réfuter quelqu’un : il le fai-foit avec tant de modestie Sc de mo-dération , qu’on ne pouvoir s’en of-fenser.

II auroit préféré d’enseigner les élé-ments de la langue latine à des enfantsqu’il regardoit comme l’espérance dutroupeau de J. C., à l’étude des hautessciences. Son état ne lui donnoit pasle moyen de suivre les mouvements deson cœur, pour soulager les membresde J. C. réduits à l’indigence. Mais,pour leur procurer d’abondantes aumô-nes, il se servit des personnes de con-dition qu’il connoissoit.. Sa mortifica-tion & son obéissance pourroient ser-vir de modele aux plus parfaits, Scferoient voir à ceux qui ne connoissentpas l’étendue de ces vertus chrétien-nes, que dans tous les moments de lavie Sc dans toute occupation, on peutêtre humble, pénitent St obéissant. La.

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frayeur que Dom Ménard avoit de lamort, l’engageoit à demander à Dieula grâce de mourir subitement. Sa mort,en effet, fut presque subite; mais ellene fut pas imprévue. Lorsque DomGrégoire Tarisse ,. supérieur-générallui ordonna de travailler à une nou-velle édition de son martyrologe Bé-nédictin, il lui répondit qu il le feroitpar obéissance , quoiqu’avec peineparce qu’il n’en verroit pas la fin. Surce que Dom Luc d’Achery lui dit qu’iln’y avoit pas d’apparence d’une mortprochaine , Dom Ménard lui réponditcomme un homme assuré de ce qu’ilavançoit. Loríqu’il fe dilpofoit à revoirÔC à augmenter son martyrologe, il futtout d’un coup saisi, d’une colique íìviolente, le 20 Janvier 1644, que dèsle lendemain il n’eut que le temps defe confesser; Sc comme on fe dilpofoità lui donner le íaint viatique, il expiraentre les mains de ses confrères. II étoitâgé de 57 ans. On l’enterra dans lagrande chapelle de la sainte Vierge,le jour de St. Vincent, patron de l’ab-baye.

On lit son éloge dans le cataloguedes premiers auteurs de la congréga-tion, écrit dans le temps même. Cetéloge est conçu en ces termes: HugoMénard Parijìnus, ex monachosancli Dia •nysd in Gallia , academict Parijìenjìsbaccalaurius theologus , priufquam nomencongregatiorù S. Mauri dedijjet ; ac pojl -modum in collegio Cluniaunfi Parijîiseloquintìam publics annos qmndecim do -cuit; conciliorum veterumque patrurn jugileclione exercitatijpmus , & rei antiquceperitijfìmus fuit , vdut indigitant quoe inpublicum protulit opéra. Elucebat in eocandor morum fingularis , & ventrandafimpliùtas : unaqut ipfe acris exifïit inge-