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Ces avis ont été très-éstimés des per-sonnes judicieuses. Une des choses quesauteur recommande le plus aux supé-rieurs , c’est d’être bien persuadés queleur principale obligation est de pré-férer le bien spirituel des âmes à tousles avantages temporels : il exhorte àbien étudier le génie d’un chacun, 8c àemployer les religieux selon leurs ta-lents : il avertit les supérieurs de seconserver dans une grande égalité d’hu-meur 8c d’esprit, d’agir 6C de converserégalement avec tous leurs confrères ,de modérer les corrections dans unesprit de charité 8c de compassion, d’u-ser de condescendance à l’égard des per-sonnes avec lesquelles on est obligé detraiter. Il prie les supérieurs d’inspirerà leurs religieux l'amour de la retraite,de l’oraison 8c de la pénitence, 8c deles appliquer à des lectures saintes , 8cqui n’impriment dans leurs cœurs quela vraie piété 8c rattachement invio-lable à leur état. II s’éleve avec beau-coup de force contre l’esprit de chi-cane , qui fait entreprendre des procès,même pour de légers intérêts. Le fameuxM. Thiers, après avoir rapporté ce queDom Tarisse a dit fur ce lujet, s’écrie :» Voilà comme ce grand homme, rem-» pli de l’esprit de Dieu , exhortoit» vos premiers supérieurs à éviter les» procès , comme une peste capable de» ruiner toutes les vertus , qui convien-» nent le plus à leur profession «.
Comme Dom Tarisse recommandoitbeaucoup l’usage d’une retraite de dixjours, fur-tout aux supérieurs 8c auxofficiers, 8c que cette sainte pratiquelui étoit familière , il commença desméditations pour les exercices spirituelsde ces dix jours. Mais ses infirmités nelui ayant point permis de les achever,
Tome III.
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il chargea Dom Joachim le Comtat derevoir son ouvrage , de le continuer ,de l’orner de deux beaux passages, 8cd’y mettre la derniere main ; ce qu'ilexécuta avec l’approbation généralede toutes les personnes pieuses qui enont fait usage.
Après le chapitre de 1648, le nou-veau supérieur-général , Dom JeanHarel, pria Dom Tarisse d’assister à uneassemblée , dans laquelle on proposa leprojet d’établir dans les monastères dela congrégation des conférences furrEcriture-sainte. Dom Tarisse parla surce sujet pendant une demi* heure avectant de zele , que le général se crutobligé de lui demander si ce discours nel’incommodoit point. « Je m’estimeroisheureux, mon révérend pere , répon-dit-il, de mourir à la sortie d’ici, si cedessein réussissait «.
Les derniers mois de fa vie il employatous les jours trois ou quatre heures àdicter des matières de spiritualité, desavis salutaires, 8c des mémoires de cequi s’étoit passé d’important dans leprogrès de la congrégation pendant songouvernement. II avoit commencé unexcellent traité de la conduite que doittenir le supérieur - général dans l’exer-cice de fa charge, 8c du juste tempé-rament de douceur 8c de sévérité qu’ildoit observer ; mais la mort ne lui laissapas le temps de l’achever.
Plusieurs écrivains mal instruits ontfait Dom Tarisse seul auteur des cons-titutions deSaint-Maur, imprimées parson ordre, sous ce titre: Con/litutionespro direciione rtgiminis congrégations ? ti.Mauri , ordinis Sti. Benedicli. J u [su &authoritatt capituli gtntralis ejujdem con-gregationis. Dom Tarisse ne publia cesconstitutions qu’après avoir consulté les